Comment ne pas s’émerveiller devant la Grande Pyramide de Gizeh, le Colisée ou la Grande Muraille de Chine ? Comment ces blocs de pierre ont-ils pu être taillés, déplacés puis hissés si loin et si haut, avec si peu de moyens ? Les constructions que nous vous proposons de découvrir ici sont exceptionnelles à tous points de vue – architectural, technique, social – et portent chacune un petit supplément de mystère qui fait la différence.
Visite guidée à travers les âges, aux quatre coins du monde : c’est parti !
Le Panthéon à Rome
Vous le connaissez sans doute déjà, mais saviez-vous qu’il reste aujourd’hui le plus grand dôme en béton non armé au monde ? Il a pourtant été construit au tout début du 2e siècle sous l’empereur Hadrien. Depuis juillet 2023, l’entrée n’est plus gratuite : il faut désormais s’acquitter d’un billet de 5 euros pour le visiter, une nouveauté après près de deux mille ans d’accès libre à ce temple devenu église.
Sacsayhuamán, la forteresse inca du Pérou
Cette forteresse inca est bâtie de pierres si imposantes que personne, encore aujourd’hui, ne peut croire qu’elles aient été amenées par des mains humaines : le chroniqueur espagnol Sancho Pedro de la Hoz s’en étonnait déjà en 1533. On ignore toujours comment ces blocs ont été transportés puis taillés, car ils ne sont scellés par aucun mortier. Un mystère qui, presque cinq siècles plus tard, tient toujours.
Chand Baori, le puits à degrés d’Abhaneri, en Inde
Les puits à degrés, ou « bâolis », sont typiques de l’Inde occidentale. Souvent conçus comme des lieux sacrés, ils combinent un système de récupération d’eau et un escalier permettant d’y accéder. Celui d’Abhaneri, connu sous le nom de Chand Baori, compte pas moins de 3 500 marches.
Chogha Zanbil, la ziggourat iranienne
Autre construction à degrés : Chogha Zanbil est l’une des seules ziggourats – ces édifices religieux mésopotamiens – dont les ruines ont été préservées jusqu’à nous. Construite vers 1 250 av. J.-C., elle est devenue le 1er site iranien inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.
Göbekli Tepe, le plus vieux temple du monde
Sur ce site archéologique turc, les parties les plus anciennes remontent au Xe millénaire avant notre ère : il s’agit du plus ancien temple d’architecture monumentale en pierre jamais mis au jour. Fait troublant, il a été délibérément enfoui vers 8 000 ans avant notre ère, pour des raisons encore incertaines – toutes les collines qui le recouvrent sont artificielles. Depuis 2018, Göbekli Tepe est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.
Le Grand Bouddha de Leshan, en Chine
Taillé à même la falaise du mont Lingyun, le Grand Bouddha de Leshan représente Maitreya, le Bouddha du futur, celui qui succédera au Bouddha Shakyamuni. C’est le plus grand Bouddha du monde, avec une hauteur de 71 mètres pour 28 mètres de large.
Le barrage de Marib, au Yémen
Garder un royaume désertique hydraté n’est pas une mince affaire. Cet authentique exploit d’ingénierie antique, réalisé au 8e siècle de notre ère, en fait le plus vieux barrage hydraulique connu au monde. Il a tenu plus de 1 000 ans avant sa rupture, qui a contraint à l’exode 50 000 personnes vivant alentour. Depuis 2015, le Yémen est ravagé par la guerre civile, et la région de Marib – devenue l’un des principaux fronts du conflit entre 2021 et 2022 – reste aujourd’hui difficilement accessible aux visiteurs.
L’église Saint-Georges (Bet Giyorgis), en Éthiopie
Une des plus anciennes communautés chrétiennes au monde a bâti là des églises remarquables. Construite sur un plan cruciforme – celui d’une croix grecque -, Bet Giyorgis a été entièrement taillée dans la roche volcanique rouge : il a fallu excaver 3 400 m3 de roche pour la sculpter ainsi. En 2021, en pleine guerre du Tigré, la ville de Lalibela a été brièvement occupée par des forces armées avant d’être reprise ; le site reste aujourd’hui accessible, mais les autorités éthiopiennes cherchent toujours à remplacer les abris métalliques posés dès 2008 pour protéger les églises de l’érosion.
L’hypogée de Ħal Saflieni, à Malte
Ce cimetière souterrain contenait à l’origine les restes de 7 000 individus : l’hypogée de Ħal Saflieni est un monument unique, d’une valeur exceptionnelle. C’est le seul exemple connu en Europe d’un « labyrinthe » souterrain, daté d’environ 4 000 à 2 500 av. J.-C. Par la qualité de son architecture et son remarquable état de conservation, il reste un monument essentiel de la préhistoire – à découvrir lors d’un envol vers Malte, le plus petit pays d’Europe.
La cité souterraine de Derinkuyu, en Turquie
Refuge des premiers chrétiens grecs face aux persécutions de l’Empire romain, Derinkuyu a accueilli plusieurs civilisations au fil des siècles et a même pu héberger sous terre jusqu’à 20 000 habitants en même temps.
Puma Punku, en Bolivie
Cette imposante structure, édifiée vers 600 av. J.-C., a la particularité d’avoir été assemblée à partir d’éléments préfabriqués et encastrables. Incroyable : le tout avec des pierres de plus de 100 tonnes !
À Puma Punku, des blocs de plus de 100 tonnes s’emboîtent sans mortier – sans que l’on sache toujours comment.
Petra, en Jordanie
Fondée dans l’Antiquité, vers la fin du 7e siècle av. J.-C., Petra dresse des façades gigantesques taillées à même la roche, dans un ensemble monumental et unique. Tombée dans l’oubli à l’époque moderne, elle a été redécouverte en 1812 par l’explorateur suisse Jean-Louis Burckhardt et figure depuis sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.
Newgrange, en Irlande
L’un des plus célèbres sites archéologiques d’Irlande, au nord de Dublin : ce tumulus préhistorique, tombeau construit vers 3 200 av. J.-C. – soit 600 ans avant la grande pyramide de Gizeh, en Égypte, et 1 000 ans avant Stonehenge -, a une orientation si précise qu’elle permet chaque année au soleil de pénétrer, le jour du solstice d’hiver (21 décembre) à 9h17, directement dans la chambre centrale, et ce pendant 15 minutes.
Les géoglyphes de Nazca, au Pérou
De mystérieuses figures jonchent le sol du désert de Nazca, dont le microclimat très aride (30 mm de pluie par an à peine) a permis la conservation. Datées entre 800 et 300 av. J.-C., on ignore toujours à quoi servaient exactement ces lignes géométriques gigantesques, visibles distinctement depuis les airs : rituels chamaniques, calendrier astronomique ou théorie ufologique, à chacun sa lecture ! En 2024, une équipe de l’université Yamagata et d’IBM Research a utilisé l’intelligence artificielle pour repérer plus de 300 nouveaux géoglyphes dans le désert, faisant quasiment doubler le nombre de figures recensées depuis la découverte du site.
Les sphères mégalithiques du Costa Rica
Ces sphères auraient été sculptées entre 1 500 et 200 av. J.-C. ; plusieurs centaines de ces boules de pierre ont été découvertes dans le sud du Costa Rica. La plus grande des pierres connues atteint 2,15 m de diamètre, pour un poids estimé à 16 tonnes.
Envie de retrouver ce vertige des civilisations plus près de chez vous ? La Tunisie compte, elle aussi, ses propres sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, et invite à un voyage dans l’Antiquité romaine qui n’a rien à envier à ces merveilles lointaines.
Questions fréquentes
Pourquoi ces monuments antiques continuent-ils de fasciner les archéologues ?
Parce que leur prouesse technique – déplacer et assembler des blocs de plusieurs dizaines, parfois plusieurs centaines de tonnes, sans les outils modernes – reste en partie inexpliquée, comme à Sacsayhuamán ou à Puma Punku.
Quel est le plus grand dôme en béton non armé au monde ?
Le Panthéon de Rome, construit au 2e siècle sous l’empereur Hadrien, détient toujours ce record – même si son entrée est devenue payante depuis 2023.
Quel est le plus ancien temple connu au monde ?
Göbekli Tepe, en Turquie, dont les parties les plus anciennes remontent au Xe millénaire avant notre ère ; le site est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2018.
Les géoglyphes de Nazca ont-ils livré tous leurs secrets ?
Non : en 2024, une équipe de chercheurs a utilisé l’intelligence artificielle pour repérer plus de 300 nouveaux géoglyphes dans le désert péruvien, faisant quasiment doubler le nombre de figures connues – leur fonction exacte reste toujours débattue.
Peut-on encore visiter le barrage de Marib, au Yémen ?
Difficilement : la région, en première ligne du conflit qui déchire le Yémen depuis 2015, est aujourd’hui peu accessible aux voyageurs, même si les vestiges antiques du barrage demeurent sur place.
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Article mis à jour le 30 juillet 2026.
Photo de une : Graham Racher, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons.



