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Rim Abdennadher, vous êtes en couverture de ce numéro. Vous avez accepté de répondre à cette interview et nous vous en remercions.

Rim Abdennadher-couverture la Sultane
Pourriez-vous vous présenter aux personnes qui nous lisent ?

Rim Abdennadher : Je suis fière d’être tunisienne issue du système étatique. Après l’obtention d’un bac math, j’ai fait des études universitaires en Californie en Double spécialité, biologie moléculaire et neuropsychologie. L’été 2006, je me suis installée à Tunis. Pour un DEA en psychologie Clinique et en Psychopathologies appliquées. J’ai étudié à la fac 9 avril des sciences humaines et sociales de Tunis. Ensuite, j’ai travaillé 7 ans, à l’hôpital Razi, bénévolement.

J’ai, par la suite, opté pour un executive MBA à l’université MSB. Je voulais gérer mes actions au sein de notre groupe Abdennadher. D’autant que nos sociétés sont cotées en bourse. Je voulais développer mon profil de femme entrepreneur et aider à travers le CSR (Corporate Social responsibility). Notre groupe, présidé par mon père, a toujours soutenu ses employés et opté pour une politique sociale au détriment du pur profit. J’ai commencé un autre master en thérapie systémique de la famille en collaboration avec l’université de Savoie Mont-Blanc.

Après cela, le Dr. Yahiaoui et moi-même, ainsi qu’un groupe composé de thérapeutes issus de la première promotion de la thérapie systémique, avons fondé la Société Tunisienne de Recherche et de Thérapie de Famille et de Couple. Nous avons assuré le premier colloque international en thérapie de couple et de famille. Nous avons mené de nombreuses études et enquêtes sur le terrain, dans les régions les plus démunies. J’ai publié un article à propos du taux de suicide remarquablement élevé depuis la révolution particulièrement à Kairouan.

À cette époque-là, le pays était en proie à une forte instabilité sécuritaire, ponctuée par des attaques terroristes fréquentes. J’ai observé l’endoctrinement de jeunes filles pour les envoyer en Syrie. J’ai fait deux interventions aux Nations-Unies à New-York, à ce sujet. Grâce à notre travail et à nos efforts, nous avons réussi à leur venir en aide. Elles se sont débarrassées des téléphones qui leur permettaient de recevoir les instructions à suivre. Et elles ont refusé d’importantes sommes d’argent. Elles ont poursuivi leurs études et ont fondé des familles équilibrées. Mon travail avec ces filles-là est une source de satisfaction personnelle.

C’est ma mère qui m’a initiée aux activités associatives, dès mes 13 ans à Sfax, jusqu’à mes études universitaires aux États-Unis. Aujourd’hui, je suis membre exécutif de Afrimalife BPW Jasmin présidée par Mme. La sénatrice Leila Mabrouk Khayat , qui se trouve être également vice-présidente de CABW, présidé Sheikha Hissa Saad El Abdallah Salem al Sabbah de Koweït.
Je suis aussi la vice-présidente de l’Amicale Franco-Tuniso-Libyenne, mais aussi Présidente Honoraire de l’APFNPS à Bizerte, présidée par Mme Fatma Lassoued. Ses membres exécutifs ont travaillé d’arrache-pied pour l’inauguration d’un centre d’accueil destiné aux personnes âgées sans abris et sans soutien moral. De 2010, après avoir eu le cancer malin de la thyroïde et jusqu’en 2018, j’ai suivi des femmes atteintes du cancer du sein, avant et après l’ablation.

J’ai également accompagné 70 élèves dans l’internat de l’école primaire de Mateur pour lutter contre l’abandon scolaire. Par ailleurs, le groupe Abdennadher, à travers la contribution de mon frère et de moi-même, a rénové les blocs sanitaires dans plus de 100 établissements et centres sportifs. J’ai participé à des programmes télévisés avec la journaliste marocaine Zeineb Saber Berrich sur la chaine M24 en 2014, ensuite avec Samira Balbouli à Twensa In sur la chaîne Hannibal, programme Ahlan Tunis sur El Wataniyya et Hkeyet Tounsiya sur la chaîne Elhiwar.

Rim Abdennadher-

Là, actuellement, je suis chroniqueuse avec Afef Gharbi dans son programme El Weekend sur la chaîne Attessia. Dans les chaînes libanaises : télé lumière programme Aal Mawiid. Les radios où j’ai fait des interventions régulières: Mosaïque FM, Radio 6, Express FM, Shems FM, Diwan FM, Radio de SFAX, hashtag FM, IFM, radio MED.

Parlez-nous de l’une de vos aspirations, un de vos rêves ? Comment vous projetez-vous sur le court et moyen termes ?

Rim Abdennadher : Mon rêve est de préparer les jeunes à affronter les problèmes au lieu de les fuir en buvant de l’alcool et en consommant des drogues. Aimer s’aimer surtout, pour aimer autrui, sensibiliser les écoles maternelles, travailler sur l’enfance pour préparer les futures générations. À long terme, je rêve d’une université virtuelle gratuite aux enfants démunis en Afrique.

Parlez-nous d’une cause à laquelle vous souhaitez sensibiliser votre entourage ?

Rim Abdennadher : Il y a 3 ans, Gemima, Kris et Sarah, trois jeunes étudiants Congolais ont été agressés. Je me suis portée volontaire pour les aider à surmonter leur stress post traumatique. Je les accompagnais chez le juge d’instruction, nous avons organisé une rencontre avec Mme la Ministre de la Femme pour les rassurer et leur dire : « vous êtes nos enfants, nos chers étudiants Subsahariens. Le Tunisien est tolérant et on ne va pas accepter l’impunité du racisme. » Accepter l’autre, respecter l’avis différent sont des principes qui doivent être enseignés dans les écoles maternelles pour élever des citoyens du monde.

La vie est faite de rencontres qui nous marquent, nous influencent, nous façonnent. Qu’en est-il pour vous ?

Rim Abdennadher : Ah que oui ! On ne cesse jamais d’apprendre et de recevoir des leçons de vie des personnes qui nous ont encouragé. Les personnes que nous sommes aujourd’hui. En commençant pas nos parents, nos enseignants, nos amis nos partenaires dans la vie associative, nos enfants qui nous apprennent beaucoup de choses, nos relations avec le sexe opposé peut tout dire sur nous. Sommes-nous en train de travailler, main dans la main, pour une vie seine sereine et réussie, désirons-nous pour les autres ce que l’on désire pour soi ou bien sommes-nous possédés par la jalousie et la méchanceté gratuite pour écraser l’autre ? Cette dernière interrogation démontre d’emblée, un déséquilibre une souffrance, voir même, des troubles de la personnalité. Un travail sur soi avant d’exercer le métier de psy est un must pour comprendre les traumatismes et les problèmes vécus.

Parlez-nous d’un moment, ou d’un événement qui vous ont marqué ou changé ?

Rim Abdennadher : Avec les déceptions et les tromperies des personnes en qui on avait confiance, on apprend. On devient plus alerte, plus vigilante, à réfléchir en dehors des sentiers battus, à prendre de nouveaux risques pour réussir après plusieurs échecs. Tout passe dans la vie.

Quel conseil, quelle maxime aimez-vous partager?

Rim Abdennadher : Tout ce que vous faites, faites-le avec amour ou alors ne le faites pas ! Car ce que vous faites sans amour vous fatigue, vous empoisonne même. Il ne faut pas s’étonner de se sentir épuisé, malade. Omraam Mikhaël Aïvanhov Alors du coup, Love est la solution magique : aimez-vous, aimez la vie. Aimer la vie est primordial à notre bonheur.

Rim Abdennadher-

Consacrer son temps et son énergie aux différents axes de notre vie (famille, couple, travail), peut s’avérer beaucoup plus difficile à la réalisation de notre bonheur. Assurer un équilibre entre le spirituel, le travail et la famille est la réussite que l’on désire, pour nous imposer dans un monde complexe. Mais tout devient possible quand tout est fait avec amour, persévérance et organisation.

Avec un regard positif sur le monde qui vous entoure, on apprécie plus, on aime plus et on réussit notre vie. Selon Halim, mon coiffeur : « le parfait tue le beau ». Je le confirme par expérience. L’être épanoui cherche l’équilibre pour être sain et non pas pour être parfait. Il ne cherche pas à impressionner autrui au détriment de soi. Savourer la vie, c’est la croquer à pleines dents et la vivre avec dignité et honnêteté. Meilleurs vœux !

Rim Abdennadher-

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