Ô Féminin

Rim Abdennadher, messagère de l’Amour Universel

Rim Abdennadher est psychologue clinicienne, entrepreneure et figure engagée de la société civile tunisienne : formée en Californie puis à Tunis, elle a consacré sa carrière à la thérapie familiale, à la prévention de la radicalisation et à l’accompagnement des plus vulnérables. En couverture du numéro 50 de La Sultane, elle nous raconte son parcours, ses combats associatifs et la maxime qui guide sa vie : tout faire avec amour.

Qui est Rim Abdennadher ? Un parcours entre Sfax, la Californie et Tunis

Fière d’être une Tunisienne « issue du système étatique », Rim Abdennadher obtient un bac math puis part en Californie pour une double spécialité en biologie moléculaire et en neuropsychologie. À l’été 2006, elle s’installe à Tunis pour un DEA en psychologie clinique et en psychopathologies appliquées, à la faculté des sciences humaines et sociales de Tunis, sur le campus du 9-Avril. Elle enchaîne avec 7 ans de bénévolat à l’hôpital Razi.

Elle poursuit avec un executive MBA à l’université MSB, pour piloter ses responsabilités au sein du groupe familial Abdennadher — alors coté en bourse et présidé par son père — et développer, selon elle, son profil de femme entrepreneure à travers la RSE (responsabilité sociétale des entreprises). Elle explique alors vouloir aider à travers cet engagement, le groupe ayant selon elle toujours soutenu ses employés et opté pour une politique sociale. Elle complète sa formation par un autre master, en thérapie systémique de la famille, en collaboration avec l’université de Savoie Mont-Blanc.

Une psychologue engagée pour les familles et contre la radicalisation

Avec le Dr Abdessalem Yahiaoui et un groupe de thérapeutes issus de la première promotion de thérapie systémique, elle fonde la Société Tunisienne de Recherche et de Thérapie de Famille et de Couple, à l’origine du premier colloque international en thérapie de couple et de famille organisé en Tunisie. L’équipe mène de nombreuses études de terrain dans les régions les plus démunies ; Rim Abdennadher publie alors un article sur le taux de suicide, « remarquablement élevé » depuis la révolution, en particulier à Kairouan.

À cette époque, le pays est en proie à une forte instabilité sécuritaire, marquée par des attaques terroristes fréquentes. Rim Abdennadher observe l’endoctrinement de jeunes filles en vue de leur départ pour la Syrie et effectue, sur ce sujet, deux interventions aux Nations unies, à New York. Grâce à ce travail, plusieurs jeunes filles se débarrassent des téléphones qui leur transmettaient des instructions, refusent d’importantes sommes d’argent, poursuivent leurs études et fondent des familles équilibrées — « une source de satisfaction personnelle », confie-t-elle, un enjeu qui recoupe plus largement la crise d’adolescence et l’accompagnement des familles face à l’embrigadement.

Un engagement associatif tourné vers les plus vulnérables

C’est sa mère qui l’initie aux activités associatives, dès ses 13 ans à Sfax, un engagement qui se poursuit jusqu’à ses études universitaires aux États-Unis. En 2020, elle est membre exécutif d’Afrimalife BPW Jasmin, présidée par la sénatrice Leila Mabrouk Khayat — également vice-présidente de la CABW, présidée par Cheikha Hissa Saad El Abdallah Salem Al Sabbah, du Koweït. Elle est aussi vice-présidente de l’Amicale Franco-Tuniso-Libyenne et présidente honoraire de l’APFNPS à Bizerte, présidée par Fatma Lassoued, dont les membres exécutifs ont œuvré à l’inauguration d’un centre d’accueil pour personnes âgées sans abri et sans soutien moral.

Après un cancer malin de la thyroïde diagnostiqué en 2010, elle accompagne jusqu’en 2018 des femmes atteintes d’un cancer du sein, avant et après leur opération. Elle suit également 70 élèves internes de l’école primaire de Mateur, pour lutter contre l’abandon scolaire. Par ailleurs, à travers la contribution de son frère et la sienne, le groupe Abdennadher rénove les blocs sanitaires de plus de 100 établissements scolaires et centres sportifs.

Une présence familière sur les plateaux et les ondes tunisiennes

En 2020, Rim Abdennadher est une voix connue du paysage médiatique tunisien. Elle est intervenue dans des programmes télévisés aux côtés de la journaliste marocaine Zeineb Saber Berrich, sur la chaîne M24, en 2014, puis avec Samira Balbouli pour Twensa In sur Hannibal, dans Ahlan Tunis sur El Wataniyya et Hkeyet Tounsiya sur Elhiwar. Elle tient alors une chronique aux côtés d’Afef Gharbi dans El Weekend, sur Attessia, et intervient sur la chaîne libanaise Télé Lumière, dans le programme Aal Mawiid. Ses interventions radio régulières couvrent Mosaïque FM, Radio 6, Express FM, Shems FM, Diwan FM, Radio de Sfax, Hashtag FM, IFM et Radio MED.

Un rêve : préparer les nouvelles générations à affronter la vie

Le rêve de Rim Abdennadher est de préparer les jeunes à affronter leurs problèmes plutôt qu’à les fuir dans l’alcool ou les drogues. Elle défend l’idée d’apprendre à s’aimer pour mieux aimer l’autre, une forme d’hygiène émotionnelle qu’elle voudrait voir enseignée dès l’école maternelle. À plus long terme, elle rêve d’une université virtuelle gratuite pour les enfants démunis d’Afrique.

La lutte contre le racisme : une cause qui lui tient à cœur

Il y a 3 ans, Gemima, Kris et Sarah, trois jeunes étudiants congolais, sont agressés. Rim Abdennadher se porte volontaire pour les aider à surmonter leur stress post-traumatique, les accompagne chez le juge d’instruction et organise une rencontre avec la ministre de la Femme pour les rassurer. Son message : « vous êtes nos enfants, nos chers étudiants subsahariens. Le Tunisien est tolérant et on ne va pas accepter l’impunité du racisme. » Pour elle, accepter l’autre et respecter l’avis différent sont des principes à enseigner dès l’école maternelle, pour élever des citoyens du monde.

« Faites tout avec amour » : la philosophie de vie de Rim Abdennadher

Selon elle, on ne cesse jamais d’apprendre des personnes qui nous entourent — parents, enseignants, amis, partenaires de la vie associative, enfants. La qualité de nos relations, dit-elle, en dit long sur notre propre équilibre intérieur : un travail sur soi est, pour elle, un préalable indispensable avant d’exercer le métier de psychologue. Les déceptions et les trahisons de personnes en qui l’on avait confiance rendent, selon elle, plus alerte et plus vigilante, et poussent à prendre de nouveaux risques après l’échec.

Cette maxime, Rim Abdennadher l’emprunte au philosophe Omraam Mikhaël Aïvanhov : ce qui se fait sans amour, dit-elle, fatigue et finit par épuiser. Consacrer du temps et de l’énergie aux différents axes de sa vie — famille, couple, travail — peut compliquer la quête du bonheur, reconnaît-elle ; trouver l’équilibre entre spiritualité, travail et famille reste, selon elle, la vraie réussite dans un monde complexe, et tout devient possible avec amour, persévérance et organisation.

Avec un regard positif sur le monde, on aime davantage et on réussit mieux sa vie, veut-elle croire. Elle aime citer son coiffeur, Halim : « le parfait tue le beau. » Pour elle, l’être épanoui cherche l’équilibre et non la perfection, sans chercher à impressionner autrui à ses propres dépens : savourer la vie, c’est la vivre pleinement, avec dignité et honnêteté.

Rim Abdennadher aujourd’hui : une pratique élargie

En février 2021, le magazine tunisien Femmes et Réalités la présente toujours comme psychologue clinicienne et psychothérapeute en exercice libéral, poursuivant une approche systémique, comportementale et psychanalytique désormais enrichie par la musicothérapie et l’art-thérapie, au service notamment d’enfants victimes de traumatismes et de familles en difficulté. Elle y indique aussi avoir fondé un projet éducatif inspiré de la pédagogie Reggio Emilia, l’American International Academy of Tunis.

Questions fréquentes

Qui est Rim Abdennadher ?
Psychologue clinicienne, entrepreneure et figure associative tunisienne, formée en Californie puis à Tunis, elle a été en couverture du numéro 50 de La Sultane en 2020.
Quelle est la formation de Rim Abdennadher ?
Un bac math, une double spécialité en biologie moléculaire et neuropsychologie en Californie, un DEA en psychologie clinique à Tunis, un executive MBA à la MSB, puis un master en thérapie systémique de la famille avec l’université de Savoie Mont-Blanc.
Quel est son engagement contre la radicalisation ?
Elle a observé l’endoctrinement de jeunes filles destinées à partir en Syrie et est intervenue à deux reprises aux Nations unies, à New York, sur ce sujet ; plusieurs jeunes filles ont ainsi renoncé à ce départ et poursuivi leurs études.
Quelles causes associatives défend-elle ?
L’accompagnement des personnes âgées sans soutien à Bizerte, la lutte contre l’abandon scolaire à Mateur, l’aide aux femmes atteintes d’un cancer du sein et la défense d’étudiants subsahariens victimes de racisme.
Quelle est sa maxime de vie ?
« Tout ce que vous faites, faites-le avec amour ou alors ne le faites pas ! » — une maxime empruntée au philosophe Omraam Mikhaël Aïvanhov, qu’elle a faite sienne.

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