Perchée sur un plateau du Nord-Ouest tunisien, dans la délégation de Téboursouk, Dougga (l'antique Thugga) doit sa préservation à son éloignement des grandes villes. L'Unesco l'a inscrite en 1997 comme la ville romaine la mieux conservée d'Afrique du Nord. Théâtre, Capitole, mausolée libyco-punique et temples y racontent les strates libyque, punique, numide, romaine et byzantine.
Dougga, où se trouve ce site si bien préservé ?
L'Unesco l'a inscrite en 1997 comme la ville romaine la mieux conservée d'Afrique du Nord.
Imaginez la route qui quitte Tunis vers le nord-ouest et grimpe doucement jusqu'à ce que le paysage s'ouvre sur un plateau : c'est là, en pleine campagne, que vous attend Dougga, que l'on appelle aussi Thugga. Le site se trouve dans la délégation de Téboursouk, loin de toute agitation urbaine, posé comme un secret que la campagne tunisienne a bien gardé.
La cité s'accroche à une pente qui monte vers le nord et s'arrête, à l'est, sur la falaise que l'on nomme Kef Dougga. Comptez quelques kilomètres depuis Téboursouk, la ville actuelle : assez pour sentir que vous changez de monde, assez peu pour en faire une échappée d'une journée.
Pourquoi Dougga a-t-elle si bien résisté au temps ?
C'est en 1997 que l'Unesco inscrit Dougga sur la liste du patrimoine mondial : elle y voit, selon ses propres mots, « la petite ville romaine la mieux conservée de l'Afrique du Nord ». Une reconnaissance qui change le regard qu'on porte sur ce plateau du Nord-Ouest tunisien : c'est désormais une référence mondiale, celle que l'on recommande à toute amie curieuse d'archéologie romaine.
Ce qui frappe sur place, c'est la densité de ce qu'il raconte : les strates libyque, punique, numide, romano-africaine et byzantine s'y lisent les unes après les autres, dans des monuments restés remarquablement intacts.
Quels monuments raconter en se promenant sur place ?
En vous promenant sur le site, un même fil guide la visite : le mausolée libyco-punique, le Capitole, le théâtre, puis les temples de Saturne et de Junon Caelestis composent les étapes qui font la renommée de Dougga. Attardez-vous au théâtre : il compte parmi les mieux conservés d'Afrique, et sa cavea, l'ensemble des gradins, se lit encore nettement.
Ce parcours raconte, à lui seul, la profondeur du lieu. Des dolmens jusqu'aux fortifications byzantines, toutes les étapes de l'histoire antique africaine s'y illustrent, du mausolée libyco-punique au Capitole et aux temples de Saturne et de Junon Caelestis.
Que lit-on de l'histoire antique dans les pierres de Dougga ?
Avant même d'être romaine, Dougga était déjà habitée. Le plus ancien témoignage retrouvé sur le site est une nécropole à dolmens, qui atteste d'une présence humaine, au moins depuis le Néolithique. La fondation de la ville elle-même plonge ses racines dans un passé tout aussi lointain.
Mais l'histoire de Dougga ne s'arrête pas avec l'éclat romain. Comme beaucoup de cités antiques de la région, elle connaît un reflux urbain progressif à partir de l'Antiquité tardive. La vie s'y fait plus discrète, les activités se contractent, pourtant la ville n'est jamais totalement désertée. La population est même transférée plus tard dans un nouveau village, baptisé Nouvelle Dougga.
En reprenant la route vers Téboursouk, puis vers Tunis, c'est cette profondeur du temps traversée en une seule promenade qui reste avec vous : des dolmens aux pierres byzantines, en passant par le mausolée libyco-punique, le Capitole et le théâtre. Offrez-vous cette journée sans la presser : de bonnes chaussures de marche, de l'eau en quantité, un chapeau et l'envie de flâner suffisent pour que Dougga vous raconte, à son rythme, tout ce qu'elle a traversé.