L'Afrique assure près d'un quart de l'extraction mondiale d'or, mais seulement un dixième environ de ce métal y est raffiné : l'essentiel part brut, et la valeur ajoutée se construit ailleurs. Le continent chercherait désormais à transformer davantage sur place pour retenir cette richesse chez lui.
Combien d'or l'Afrique extrait-elle réellement ?
L'Afrique assure près d'un quart de l'extraction mondiale d'or, mais seulement un dixième environ de ce métal y est raffiné
Si vous vous demandez quel poids pèse le continent dans la production mondiale d'or, la réponse tient en un chiffre : l'Afrique assure près d'un quart de l'extraction mondiale. Un continent minier de tout premier plan, loin de l'image d'une ressource secondaire qu'on lui prête parfois.
Mais extraire n'est pas transformer. Cette part considérable dans l'extraction ne se retrouve pas du côté de la transformation : l'industrie africaine qui raffine l'or n'en transforme qu'un dixième environ. L'or sort donc du sol africain à l'état brut, avant que sa valeur ne se construise ailleurs.
Pourquoi si peu de cet or est-il raffiné sur place ?
Le continent africain concentre une part considérable de l'extraction aurifère mondiale : près d'un quart de l'or produit dans le monde provient d'Afrique. Cette place de premier plan dans l'extraction ne se retrouve pourtant pas dans la transformation du métal : l'industrie africaine de raffinage demeure marginale, loin de peser à la mesure du volume extrait sur le continent.
L'écart se mesure dans les chiffres : seulement un dixième environ de cet or est traité en Afrique même. L'essentiel de la valeur ajoutée, celle qui naît du passage du minerai brut au métal raffiné, échappe donc au continent qui l'a extrait, et se constitue ailleurs.
Que cherche à changer le continent ?
Le continent chercherait à transformer davantage de son métal brut sur place, plutôt que de l'exporter sans l'avoir raffiné. Seulement un dixième environ de ce métal est aujourd'hui traité sur le continent, le reste partant ailleurs pour être affiné. Ce déséquilibre prive les pays producteurs d'une partie de la valeur ajoutée qui se forme hors de leurs frontières.
Retenir cette transformation chez soi reviendrait à capter davantage de la richesse créée par cette ressource, sans la laisser se former en aval, loin du lieu d'extraction. L'Afrique assure pourtant près d'un quart de l'extraction mondiale d'or, mais son industrie de transformation demeure marginale.
Garder chez soi la part de valeur qui naît du raffinage, plutôt que de la voir se construire ailleurs : c'est tout l'enjeu. Faire grandir cette industrie sur le continent reviendrait à transformer une richesse du sous-sol en richesse durable, ancrée là où le métal a été tiré de terre.