Ecobank a signé début octobre à Pékin un accord avec le CIPS, le système de paiement transfrontalier chinois, pour rapprocher les entreprises africaines de ce circuit. La banque togolaise rejoint ainsi Standard Bank et Afreximbank dans l'usage du yuan, pendant que la Chine investit aussi l'énergie, les mines et l'industrie sur le continent.
Qu'est-ce que l'accord signé par Ecobank avec la Chine ?
Désormais sous le contrôle d'Alain Nkontchou, Ecobank affiche une ambition assumée : s'imposer comme moteur financier de l'intégration africaine.
Le texte a été signé à Pékin, début octobre, par Jérémy Awori, directeur général d'Ecobank Transnational Incorporated (ETI). Il engage le groupe avec le Cross-Border Interbank Payment System (CIPS), l'infrastructure de paiement transfrontalier chinoise créée en 2015. Ce protocole d'accord formalise un rapprochement entre la banque panafricaine et ce système, pensé pour les règlements financiers entre la Chine et ses partenaires.
Ecobank, groupe d'origine togolaise, affiche un objectif précis : permettre aux entreprises africaines de se rapprocher plus directement de ce système de paiement chinois.
Ecobank est-elle seule à se tourner vers le yuan ?
Non, Ecobank rejoint un mouvement déjà engagé : elle rallie Standard Bank et Afreximbank dans la course aux transactions en renminbi. Trois établissements qui comptent sur le continent choisissent donc la même monnaie chinoise pour leurs opérations.
Cette convergence bancaire fait partie d'un intérêt chinois plus large pour l'Afrique. Au-delà des infrastructures, Pékin mise aussi sur d'autres secteurs, dont l'énergie, les mines et l'industrie.
Que vise Ecobank pour sa place en Afrique ?
Lors de son assemblée générale du 3 juin, à Lomé, Ecobank a validé des résultats qualifiés d'historiques. Ce rendez-vous actionnarial a aussi acté un changement de gouvernance.
Désormais sous le contrôle d'Alain Nkontchou, Ecobank affiche une ambition assumée : s'imposer comme moteur financier de l'intégration africaine.
Cette convergence vers le renminbi dessine une tendance de fond plutôt qu'un épisode isolé : trois grandes banques panafricaines choisissent la même devise, au moment où Ecobank se dote d'une gouvernance resserrée autour d'Alain Nkontchou. Pour les entreprises africaines engagées dans des échanges avec la Chine, ce rapprochement avec le CIPS ouvre une voie de règlement plus directe, sans se substituer aux circuits existants.