En vingt ans, la part des bacheliers scientifiques a été divisée par trois en Tunisie. Ce repli touche désormais le recrutement des professeurs de mathématiques et interroge la capacité du pays à former ses futurs ingénieurs, médecins et chercheurs de demain.
Un déclin mesuré en vingt ans : le chiffre qui interpelle
en vingt ans, la part des bacheliers scientifiques a été divisée par trois
Le chiffre a de quoi arrêter net toute discussion de salon : en vingt ans, la part des bacheliers scientifiques a été divisée par trois. C'est un effondrement silencieux, celui d'une filière qui façonnait autrefois ingénieurs, médecins et chercheurs de demain.
Un tel repli ne s'explique jamais par un détail isolé.
Qui tire la sonnette d'alarme, et sur quoi ?
Au-delà des postes vacants, une question plus large s'invite dans le débat : derrière les difficultés de recrutement d'enseignants se joue la capacité de la Tunisie à renouveler son avenir. Le constat dépasse la seule gestion des classes, il touche à la transmission.
Si les postes en mathématiques se font plus rares à pourvoir, c'est un maillon entier de la chaîne éducative qui se fragilise.
Ce que ce chiffre dit de demain
En vingt ans, la part des bacheliers tournés vers les mathématiques a été divisée par trois.
Derrière la pénurie de professeurs qui en découle se pose une question plus large : celle de la capacité du pays à renouveler ses propres rangs, enseignants, chercheurs, ingénieurs. Un déclin qui, si rien ne change, risquerait de se transmettre à la génération suivante, faute de relève pour l'enseigner.
Ce basculement dépasse la statistique : il dit la place que notre société réserve, dès l'école, à l'envie de compter et de comprendre. Rien n'oblige à subir ce glissement comme une fatalité, mais le temps presse, car une vocation scientifique se cultive des années avant de porter ses fruits. Familles, enseignants et responsables de l'orientation ont chacun leur part à jouer, faute de quoi le manque de professeurs de mathématiques, déjà sensible, ira en s'aggravant.