Nabeul, chef-lieu du gouvernorat du même nom sur la péninsule du Cap Bon, mérite bien plus qu’une simple escale : médina séculaire, musée archéologique récemment rénové, harissa réputée dans tout le pays et poteries artisanales en font une destination complète à moins d’une heure de Tunis.

Où se situe Nabeul et que faut-il savoir sur la ville ?

Située au sud de la péninsule du Cap Bon, à une soixantaine de kilomètres au sud-est de Tunis et non loin de Hammamet, Nabeul compte environ 70 000 habitants. En associant les villes voisines de Menzel Bouzelfa (la ville des oranges), Dar Chaâbane, Béni Khiar et El Maâmoura, elle forme une agglomération qui s’enfonce dans la Méditerranée. Vergers, jardins, climat doux et plage de sable fin en font une destination prisée des touristes européens.

Une médina de toute beauté

Les souks constituent le cœur de la ville : souk El Haddada (forgerons), souk El Balgha, souk El Ihoud (souk des Juifs) et souk Ezzit (souk de l’huile) témoignent de son rôle commercial historique. La médina s’ouvre par plusieurs portes, dont Bab Bled — l’entrée principale —, Bab El Khoukha et Bab El Zaouia. Fertilité, climat et activités agricoles et commerciales ont attiré au fil des siècles des flux migratoires depuis Djerba et Kairouan, ainsi que l’arrivée d’Andalous chassés d’Espagne ; la communauté juive, installée à la même époque, représentait 10 % de la population avant le protectorat français, avec sa synagogue à proximité de la Grande Mosquée. La ligne de chemin de fer reliant la cité à Tunis, entamée vers la fin du 19e siècle, a marqué le tissu urbain et fait de Nabeul une station balnéaire naissante.

La médina de Nabeul s’ouvre par plusieurs portes, dont Bab Bled, son entrée principale.

Que voir du côté du patrimoine et du tourisme ?

Parmi les sites touristiques figurent le site romain de Néapolis, à deux kilomètres du centre, et surtout le musée archéologique, installé dans une modeste demeure du centre-ville et entièrement rénové. Il présente des objets en céramique, des statues puniques datant du 7e siècle avant J.-C. et une importante collection de mosaïques romaines provenant des sites du Cap Bon, ainsi que des sculptures en marbre fin et des terres cuites d’un sanctuaire dédié aux dieux puniques Baal Hammon et Tanit — un musée qui vaut largement le détour, y compris en famille. Ce dynamisme touristique se confirme d’ailleurs saison après saison : Nabeul et sa voisine Hammamet ont encore réussi un très bon début de haute saison touristique en 2026.

Pourquoi Nabeul est-elle la capitale de la harissa ?

Chaque année en octobre, la Fête de l’Harissa et du Piment se tient à Dar Nabeul, place Farhat Hached sur l’avenue Habib Bourguiba, pour le plus grand plaisir des fins gourmets. La harissa fait partie du patrimoine culinaire tunisien depuis plusieurs siècles : une purée de piments rouges séchés au soleil puis broyés avec des épices — cumin, coriandre, carvi — et des tomates séchées, ou parfois préparée avec des piments frais ou cuits à la vapeur. Le piment lui-même est arrivé en Tunisie via l’échange colombien, durant l’occupation espagnole entre 1535 et 1574. Son nom vient du verbe arabe « harasa », qui signifie « écraser », « piler » ou « broyer ».

« Sauce nationale » tunisienne, la harissa s’utilise en condiment pour le couscous ou le kefteji, ou en garniture de sandwich ; elle est particulièrement ancrée à Djerba, dans le Sahel, et bien sûr au Cap Bon — comme la grenade l’est à Testour, chaque région tunisienne cultivant ainsi son propre emblème gourmand.

Quelle est la place de l’artisanat à Nabeul ?

Au-delà de son agriculture, Nabeul est réputée pour son artisanat et la qualité de ses poteries, en particulier ses assiettes peintes et ses faïences. Cette production, relancée pendant la première moitié du 20e siècle grâce aux recherches des Français Tessier et Deverclos et du Tunisois Jacob Chemla, se transmet toujours de père en fils dans les ateliers locaux, au point que plusieurs musées s’intéressent aux pièces signées de ces rénovateurs. Les nattiers travaillent le jonc vert récolté en début d’été (jaune, vert, bordeaux, bleu violacé) pour fabriquer nattes et couffins, tandis que les souks abritent aussi le travail du cuivre, du cuir, la chéchia et la broderie.

Quelles autres traditions font la « dolce vita » nabeulienne ?

Nabeul est le seul endroit de Tunisie où l’on fabrique des figurines en sucre, confiserie moulée et peinte offerte aux enfants et aux mariées à chaque Nouvel An musulman, et disposée sur les plats de couscous des grandes occasions. La ville cultive aussi les agrumes — oranges, citrons, bigaradier — et en distille les fleurs, aux côtés du géranium bourbon et de la rose de Damas, pour une production vendue localement et à l’export, une tradition que Nabeul a su préserver mieux que d’autres villes tunisiennes.

Questions fréquentes

Où se trouve Nabeul ?

Au sud de la péninsule du Cap Bon, à une soixantaine de kilomètres au sud-est de Tunis, non loin de Hammamet.

Pourquoi Nabeul est-elle associée à la harissa ?

La ville accueille chaque année en octobre la Fête de l’Harissa et du Piment, et la région du Cap Bon reste l’un des foyers les plus emblématiques de cette « sauce nationale » tunisienne.

Que voir à Nabeul en une journée ?

La médina et ses souks, le musée archéologique rénové, et les ateliers de poterie traditionnelle réputés dans tout le pays.

À lire aussi sur La Sultane

Article mis à jour le 28 juillet 2026.

Photo de une : Habib M’henni, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons.

Rangées de parasols de paille et de transats sur la plage de Hammamet, baigneurs au bord d'une mer turquoise
Tourisme en Tunisie : Nabeul-Hammamet réussit son début de haute saison 2026

Tourisme en Tunisie : Nabeul-Hammamet réussit son début de haute saison 2026

Houda ChoukHouda Chouk19 juillet 2026
Table de Jugurtha
La table de Jugurtha : un lieu riche en histoire

La table de Jugurtha : un lieu riche en histoire

La Sultane MagazineLa Sultane Magazine19 juillet 2026
la grande mosquée de Testour
Testour: Visite guidée au cœur d’une ville andalouse

Testour: Visite guidée au cœur d’une ville andalouse

La Sultane MagazineLa Sultane Magazine19 juillet 2026

Leave a Reply