Aimer est-il devenu plus compliqué aujourd’hui? Il semblerait que de nombreuses histoires d’amour soient influencées par des croyances erronées. Hollywood et Disney y ont largement contribué. Accepter cette réalité, pourrait permettre un bonheur à deux, plus juste.

L’idée que nous nous faisons de nos histoires d’amour, n’est pas le fruit du hasard. Aujourd’hui plus que jamais, nous sommes influencés par un certain discours ambiant autour de l’amour idéal. Les nouvelles technologies ont ajouté leur grain de sel. On continue à chercher l’âme sœur. Pourtant ces idéaux qui régissent notre conception de l’amour ne sont ni vrais ni faux. Voici les six mythes que nous avons choisi d’aborder :

Le mythe de la bonne personne

Depuis les androgynes incomplets de Platon, en passant par les contes de fées, nous avons baigné dans l’idée d’un autre unique. Le cinéma continue à nous faire rêver et même sur les réseaux sociaux, cet idéal ne faiblit pas. Les psychiatres expliquent la persistance de ce mythe par ce qui l’ancre en nous. Selon eux, il prend naissance dans notre plus tendre enfance. Particulièrement pendant le stade du nourrisson qui reçoit toute l’attention de la maman. Une idée inconsciente demeurerait bien implantée : nous espérons tous, retrouver un jour cette personne qui mettra fin à notre incomplétude.

Mythes de l'Amour

Ses effets

Le mythe de la bonne personne pousse à la recherche de l’amour. Il se caractérise donc par un aspect dynamique qui en constitue une dimension positive. Il devient ainsi moteur de vie. Toutefois, il peut conduire à la recherche d’un partenaire répondant davantage à un portrait-robot qu’à une personne réelle. La recherche d’un « autre » taillé sur mesure, répond à l’emboîtement d’informations archaïques installées dans l’inconscient. Pensez à l’attrait qu’exerce sur vous une personne qui vous rappelle un trait de votre enfance. Malheureusement, cela ne signifie pas qu’il est possible de construire une relation satisfaisante avec cette personne. Cette quête autoprogrammée risque également de vous priver d’autres rencontres qui pourraient être plus intéressantes pour vous.

S’en servir

Il n’existe pas une, mais plusieurs «bonnes » personnes pour soi. Une relation amoureuse se construit à deux et évolue avec le temps. Cette relation nous façonne en retour.

Le mythe du bon ou du mauvais timing

«Donne-toi le temps de réfléchir» ou encore « évite une nouvelle relation amoureuse après une séparation récente ». Il existe un mythe en rapport avec le timing amoureux. Le bon moment contribuerait au succès d’une relation quand le mauvais timing la place sous de mauvais auspices. Nous avons hérité ce mythe de nos ancêtres les… romains. Et plus récemment de l’influence occidentale, elle-même héritière de la conception helléno-romaine du destin (soumis aux dieux et imposés aux hommes). Ce mythe lié au temps est encore plus présent de nos jours, alors que les journées filent à toute vitesse et que l’on craint de passer à côté de sa vie.

Ses effets

Ce mythe se nourrit de l’idée d’après laquelle, la réussite ou l’échec d’une relation amoureuse seraient dépendants de facteurs en dehors de soi et/ou du couple. Nous serions donc soumis au fatum des Romains (personnification du destin voulu par les dieux) ou plus simplement le Maktoub comme nous disons chez nous, constituent des calendriers psycho-temporels. Dans cette optique, une relation débutée juste après une rupture amoureuse, ne servirait qu’à panser l’ego et à servir de baume pour le cœur. Elle serait donc perçue comme passagère, condamnée à ne durer que le temps de la convalescence amoureuse. Inversement, une relation est perçue comme ayant plus de chance de durer, si elle débute une fois la convalescence amoureuse achevée.

S’en servir

Seul notre timing intérieur est valide. Notre calendrier psycho-émotionnel détermine la possibilité de commencer une relation amoureuse. Nous sommes seuls responsables de notre aptitude à nous ouvrir à l’autre.

Le mythe de l’amour sous contrôle

mythe amoureux

Cette croyance remonte aux fondations de l’amour dans les familles aisées: les deux partenaires s’unissent pour fonder une équipe qui noue entre deux dynasties. Cette alliance permet de bien gérer le patrimoine familial. Dans cette relation, c’est la raison qui domine. Aujourd’hui, de nombreuses personnes ont cette approche rationnelle de leur vie de couple. Alors que tous les engagements prennent les allures d’un CDD (contrat à durée déterminée), on tente de réussir sa vie amoureuse en travaillant sur son couple. Cette démarche s’inspire de la culture du développement personnel et qui stipule que le travail sur soi est la clé de tous les succès.

Ses effets

Ce mythe nous pousse à croire que la réussite d’une relation amoureuse dépend de la nourriture qu’on lui apporte. Il incite à avoir une attitude plus active au sein de son couple. Néanmoins, il nourrit une autre croyance : il faut fournir des efforts pour que l’amour et le désir durent plus longtemps.

S’en servir

Cette croyance s’appuie sur une méprise : on nie la dimension inconsciente de la relation (le désir par exemple ; échappe à toute prévision). Or, il se trouve que le couple pourrait être comparé à une entité organique qui connaît des variations et des évolutions. Et c’est grâce à elles que le couple vit. Un couple en bonne santé, se construit sur l’échange.

Le mythe de la fusion : un plus un égale un (1+1=1)

Les grandes pressions que nous vivons au quotidien, poussent souvent à imaginer que la fusion avec l’autre, le bon, permet de nous protéger. C’est le bon, alors jamais il ne voudra nous quitter. Sa présence est une sécurité essentielle et garantit que nous ne serons plus jamais seules. Ce mythe répond au désir profond de pérennité et de stabilité.

Ses effets

La fusion abolit le « je » pour créer une nouvelle entité le « nous ». Tout ce qui n’est pas « nous » est sans intérêt et peut même être perçu comme une menace par certains couples. Pour qu’une fusion devienne durable, il faut qu’elle réduise la personne et ses ressources à un fragment, alors qu’elle est, à la base, une entité à part entière. Et avec ça, elle ne parvient pas à créer un sentiment de sécurité profond.

S’en servir

Au début d’une relation amoureuse et en particulier dans les coups de foudre, la fusion est totale. Puis, peu à peu, le couple se détache sainement et chacun des deux partenaires investit de nouveaux champs (travail, famille, amis, enfants). Mais il arrive que certaines personnes soient à la recherche d’une fusion permanente. Il s’agit d’une quête sans fin où on est uniquement grisé par l’intensité du début. Une fois que la folie retombe, la personne est incapable de rester dans la relation et s’en va à la recherche d’un nouveau partenaire et d’une nouvelle relation fusionnelle. Ainsi, la peur de perdre l’autre est toujours active.

Le mythe de l’amour miroir

La recherche de son double, se base sur l’envie de trouver une personne avec qui nous avons des affinités qui garantiraient une relation harmonieuse. Celui qui nous ressemble est notre refuge. Le partenaire n’est qu’une autre version de qui nous sommes. Nous ne risquons donc pas d’être déçues par une personne qui partage les mêmes valeurs que nous, les mêmes idées, qui désirent les mêmes choses, est issu du même milieu, etc.

Ses effets

Ce mythe qui garantirait une relation sans mauvaises surprises, pousse à vouloir bien connaître son partenaire, à prendre le temps de le découvrir en profondeur, mais empêche de découvrir tout ce qui est autre.

S’en servir

En fait, l’observation des couples dont les relations sont harmonieuses, montre que le plus important n’est pas de se ressembler, mais d’être sur la même longueur d’ondes. Les partenaires sont compatibles dans leurs manières d’être et dans le sens qu’ils souhaitent donner à leurs vies. Ils sont également suffisamment différents pour se stimuler l’un, l’autre, se surprendre. Cette différence apporte juste ce qu’il faut d’insécurité pour maintenir un désir vif et relancer constamment l’intérêt que l’on se porte l’un à l’autre.

Le mythe de l’amour comme outil de développement personnel

Il s’agit d’un mythe contemporain qui prend pourtant racine dans l’injonction socratique « connais-toi toi-même». Il faut bien se connaître pour être en mesure d’aimer pleinement : tirer toutes les leçons du passé, comprendre tous ses dysfonctionnements. Bref, veiller à son développement personnel est nécessaire à l’amour.

Ses effets

Ce mythe a un côté positif puisqu’il pousse les personnes à s’interroger sur le sens de leurs expériences passées et futures. Il fait de nous les décideurs de nos vies et nous responsabilise sur les choix que nous faisons. Mais attention toutefois à une croyance limitante : il n’est possible de connaître d’amour véritable que si on travaille sur soi au préalable.

S’en servir

Nous changeons au fil du temps. Donc, il n’est pas vraiment possible d’avoir une connaissance de soi permanente. Mais, il n’en demeure pas moins intéressant de s’interroger sur les choix que nous répétons et sur nos besoins en termes de relation amoureuse. Que voulons-nous pour soi ? Qu’attendons-nous de l’autre? Quels sont nos projets de vie future? Autant de questions en forme d’introspection qui peuvent nous aider à être plus lucides sur nous-mêmes et sur l’autre.

Par Houda Chouk


N’oubliez pas de nous suivre et de vous abonner à notre contenu

Leave a Reply