Grâce à la nouvelle orientation économique de son empire, Carthage s’impose à nouveau sur l’échiquier politique méditerranéen. Profitant des dissidences existantes entre les cités grecques, elle reprend le contrôle d’une bonne partie de la Sicile et ce, en dépit de l’hostilité de Denys de Syracuse et ses successeurs.

Carthage intensifie ses échanges commerciaux avec les nouveaux États orientaux

À la fin du 4e siècle av. J.-C. Carthage intensifie ses échanges commerciaux avec les nouveaux États orientaux issus de la conquête du grand Alexandre, particulièrement avec Ptolémée roi d’Égypte qui a basé sa monnaie sur l’étalon phénicien, lui procurant une puissance économique accrue. À la fin du 4e siècle, Carthage sera inquiétée par Agathocle, un tyran syracusain décrit par la plupart des sources antiques comme étant un personnage particulièrement cruel, qui n’hésitera pas à massacrer les habitant des cités qui souhaitent échapper à son contrôle. Celui dont l’ambition avait une dimension méditerranéenne, cherchait à imiter Alexandre le Grand. Désireux de lutter contre les barbares, il empiètera sur le territoire sicilien de Carthage.


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Carthage refoule Agathocle

Au prix d’un effort militaire considérable, Carthage refoule Agathocle vers Syracuse qu’elle assiège. C’est alors que le tyran syracusain entreprend une manœuvre inédite : à la tête de 14 000 hommes, il échappe aux carthaginois et porte le conflit sur leur sol en débarquant au Cap Bon en 310 av. J.-C. Il brûle sa flotte pour contraindre ses soldats à se battre sans merci. Après quelques victoires initiales, sa campagne africaine connaitra des déboires et Agathocle devra traiter avec Carthage avant de regagner la Sicile en 306.

La consolidation de son emprise sur la Sicile

Les carthaginois attendront la mort d’Agathocle en 289 pour consolider leur emprise sur la Sicile profitant des dissensions constantes entre les cités grecques. En 278, ils bloquèrent Syracuse qui sera libérée par Pyrrhus roi d’Epire. Celui-ci parviendra à reconquérir la quasi-totalité de la province sicilienne de Carthage.

La naissance d’une nouvelle puissance

Mais face à l’hostilité déclarée des cités grecques qui voyaient en lui un tyran en puissance et après que certaines d’entre elles lui préfèrent encore Carthage, il quitte l’île en 276. À partir de là, l’empire phénicien étendra sa mainmise sur la Sicile qu’il aurait pu définitivement occuper s’il y avait consacré l’effort militaire adéquat. Carthage n’en fit rien. Et lorsqu’elle s’installe à Messine, elle devra affronter une nouvelle puissance méditerranéenne : Rome.

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