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Houda Cherif, vous êtes une femme au parcours exemplaire et pourtant d’une très grande discrétion. Communicatrice, médiatrice et ancienne conseillère auprès du Président de l’ARP, vous avez accepté de participer à une série d’interviews, menée pour La Sultane. Nous vous en remercions.

Houda Cherif

1- Houda Cherif , parlez-nous un peu plus de vous de vous.

Houda Cherif : Je tiens d’abord à préciser que tout ce que je vais exprimer dans cette interview comme positions ou opinions ne représente que ma personne.

Qui suis-je ? Je suis une Maman avec grand M. Tandis que tous les rôles qu’on occupe lors d’une vie restent temporaires, le rôle de maman est là pour toujours. Ensuite, je suis ou aspire à être une Citoyenne avec un grand C. J’aime et vénère le respect de l’autre et de mon entourage. Je suis une Enseignante avec un grand E. Même si je ne pratique plus l’enseignement. Je crois profondément qu’enseigner n’est pas un métier. C’est un état d’esprit qu’on ne peut jamais abandonner en abandonnant la profession. Je suis une Médiatrice avec un grand M. Je crois que cette nouvelle technique de résolution de différends est notre seule salut. Dans un monde qui s’est enfermé sur lui-même oubliant l’importance du dialogue et de la communication.

Je suis aussi une rêveuse qui après avoir vécu très loin de son pays pendant de longues années alternant entre Tokyo, Dubaï, Londres et Casablanca a décidé de rentrer et s’est retrouvée un 14 janvier 2011 devant le ministère de l’Intérieur en train de crier dégage avec la plus grande véhémence et certitude jamais ressentie. On était comme dans une transe.

Ce jour-là, j’ai pensé qu’on allait transformer la Tunisie en un Singapore de l’Afrique.. Et je continue à croire que c’était possible. J’ai alors décidé de m’impliquer en politique et me suis lancée dans l’aventure Afek Tounes dont je suis co-fondatrice. Un vrai beau projet politique à travers lequel j’aspirais à changer l’image du politique malsain et magouilleur à un politique plein de volonté de bien faire pour son pays. Un politique au service du peuple et non le contraire.

Ce court passage dans les hautes instances de Afek et ensuite du Joumhouri, ce grand parti du centre que nous avons voulu fédérateur de toutes les forces politiques progressistes de la Tunisie à l’époque, m’a permis non seulement de vivre l’engagement politique, de voir combien c’est difficile de pratiquer celle-ci et d’arriver à la conclusion que la politique n’est pas faite pour tout le monde. Mais aussi de constater que parfois les politiciens sont amenés à abandonner leur idéaux pour continuer à appartenir à leurs institutions.

C’est tout un monde que j’ai choisi de quitter un soir d’été en 2013. En démissionnant de la présidence du Comité des Sages et de toutes les instances du Joumhoury qui partait malheureusement en miettes. Pour diverses raisons. Au sein d’une Tunisie qui vivait sous le choc d’un double assassinat politique. Celui du feu Belaid en février et Feu Brahmi en juillet. C’est ainsi qu’une page sur laquelle je suis capable d’écrire un livre en entier, s’est tournée.

Dans l’une de ses célèbres citations Churchill dit :

« Certains changent de convictions pour l’amour de leur parti, moi, je change de parti pour l’amour de mes convictions ».

W. Churchill

Et moi, j’ai quitté la politique pour me battre pour mes convictions.

Dans ma lettre de démission, j’ai précisé que je quittais le travail partisan. Mais non le travail politique qui touche en effet à tous les aspects de la vie. En fait, on ne se rend pas compte. Mais on fait de la politique à la longueur de journée. À travers nos pensées, nos discussions, nos opinions, nos décisions, nos réalisations…

J’ai décidé, à ma sortie du parti, d’aider les femmes à regagner plus de confiance en elles. Vouloir plus qu’un petit rôle de figurantes dans des partis et autres institutions qui ne leur donnent pas la place qu’elles méritent.

À l’origine de cette idée fut un constat quasi-valable pour tous les partis politiques. Tous les syndicats, conseils d’administration et divers organes de décision chez nous. Et même, étonnement ailleurs dans le monde beaucoup développé. Les femmes ont tendance à laisser la place et la parole aux hommes. Comme le décrit « Lean-in » de l’américaine Sheryl Sandberg. Donc le phénomène est universel.

Ce qu’il fallait faire, c’était parler avec elles. Booster leur self-esteem et les rendre conscientes de ces simples croyances ancrées au fin fond d’elles depuis la naissance. Ce formatage culturel est bien difficile à défaire chez non seulement les hommes, mais malheureusement aussi chez certaines femmes. Entourée de femmes convaincues et convaincantes, je me suis battue pour encourager les compétences féminines à briser le plafond de verre et à déloger le discours sur la femme des domaines qui lui sont classiquement attribués comme la famille et l’enfance. Les femmes sont partout et réussissent également partout alors pourquoi ne pas en parler.

Le Connecting Group fondé la même année avait pour objectif de rassembler des femmes de différents profils, de divers domaines dans le but de les amener envers l’acquisition des outils de bonne gouvernance. À travers la consolidation de leur capacités, leur visibilité et un lobbying pour assurer leur positionnement dans des postes de Hautes responsabilités. Nous avons beaucoup travaillé. C’est vrai que nous étions très discrètes. Mais je peux dire qu’avec peu de moyens, nous avons achevé de grands résultats. Et je suis fière de cette expérience qui m’a beaucoup appris sur le rôle de la société civile.

Mon passage au Parlement au sein du cabinet du Président Mohamed Ennaceur fut une excellente leçon en politique. Le fait de côtoyer un grand homme d’Etat comme Mohamed Ennaceur au quotidien et de le voir faire de la politique à la Bourguibienne, qui rallie force et bienveillance, est un privilège. L’Assemblée fut en elle-même une grande leçon pour moi. J’ai pu trouver dans un espace très restreint une Tunisie en miniature. Avec ses politiques toutes idéologies confondues, sa société civile, son administration, ses médias, ses organismes internationaux. Tout y était au même endroit.

2- Houda Cherif, qu’aimeriez-vous changer autour de vous ?

Houda Cherif : Si j’ai un vœux aujourd’hui, ce serait de reconstruire la confiance publique dans la les pouvoirs politiques et les médias. J’ai l’impression qu’on n’avait pas su faire non pas par manque de bonne volonté, mais plutôt par manque de références aux principes démocratiques dans notre histoire. Nous n’avons pas vécu l’expérience démocratique auparavant. Mais, nous avons plutôt vécu l’expérience de la fondation des institutions d’un État. Nous sommes aujourd’hui responsables de préserver ce qui a été bâti et de construire un modèle démocratique à suivre et améliorer par les générations futures. Ce qui se passe aujourd’hui est bien inquiétant pour l’avenir, mais cela n’est pas spécifique à la Tunisie. Le monde entier vit une crise de gouvernance.

Avec la COVID-19, on s’est rendu compte à quel point les populations au-delà de leurs différences, partagent les mêmes inquiétudes et les mêmes défis. Nous avons en fin de compte réalisé que nous partageons un vaste espace commun, que la globalisation a fait en sorte qu’on dépende les uns des autres malgré les distances, que les différences entre les populations commençaient à se dissiper sans même que ces dernières aient à franchir le pas de leurs portes. Au même moment, on s’est également rendu compte que le Leadership vit une crise à l’échelle mondiale. On s’est également rendu compte que les malaises liés aux systèmes éducatifs existants ne sont pas uniques à la Tunisie.

En effet, si j’avais les moyens de changer quelque chose autour de moi, je commencerais par L’Éducation qui, à mon avis, est bel et bien le nerf de toutes les guerres ; politiques, économiques, sociales et culturelles. Tout est le fruit de l’Éducation qu’on reçoit. Sans exception. Tout le bien tout comme le mal que l’on vit.

Si on fait attention à l’origine de tous nos petits et moins petits malheurs, on voit bien qu’ils sont dûs à une dégradation alarmante de notre système éducatif

Repenser l’éducation doit faire partie des plus pressantes priorités de nos pouvoirs politiques aujourd’hui.

« L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde »

Nelson Mandela

Et il a bien raison. C’est dans les deux sens que l’éducation laisse son impact sur les sociétés.

Je voudrais bien voir une éducation qui mette l’élève au centre d’un système éducatif innovant, qui, en lui inculquant le respect du savoir, respecte son rythme d’apprentissage. Je voudrais bien voir une éducation qui favorise un apprentissage par l’art et la culture et qui insiste sur la valeur du dialogue et de l’empathie. Une éducation qui prévoit les dangers d’une ère qui ne contrôle plus le flux d’informations qui semble envahir nos sociétés comme un énorme tsunami et que nos enfants reçoivent sans la moindre protection qui leur permette de s’en sortir sans dégâts.

Il nous faut une révolution de l’éducation. Tout est à refaire. Au 21e siècle, on ne peut simplement pas raisonner de la même manière que faisaient nos parents ou grand-parents au début du 20e. On ne peut pas maintenir un format et des programmes qui sont loin d’être en phase avec les exigences et les spécificités de nos sociétés d’aujourd’hui.

Les élèves s’ennuient, les élèves se rebellent, les élèves abandonnent l’école par milliers tous les ans. Ce n’est seulement pas à cause de leurs conditions socio-économiques, mais aussi et surtout parce que l’école est devenue un lieu morose où l’on instruit sans éduquer, où l’on livre les connaissances sans nourrir chez l’enfant l’amour du savoir.

Une deuxième chose que je souhaiterais mettre en place si je disposais de moyens pour le faire, c’est l’application stricte de la loi. Tout comme l’éducation, la loi est essentielle à tout épanouissement puisqu’elle procure la paix et la cohésion sociale. On ne peut pas vivre ensemble si on ne met pas de règles que nous respections pour assurer un minimum d’organisation de notre vie et procurer le bien-être de tous. Seule la loi peut garantir une cohabitation régie par le respect de l’autre et de l’’environnement. Le modèle nordique en est le meilleur exemple. Ce n’est pas pour rien qu’ils font partie des populations les plus joyeuses du monde. Ces derniers ont bien compris que les lois n’ont pas été mises en place pour nuire aux droits ou réduire les libertés. Elles sont bien là pour faire respecter ces droits et libertés, voire les conserver et les consolider.

3- Houda Cherif , parlons un peu des sujets qui fâchent : égalité, parité, équité. Que représentent ces mots, ces sujets pour vous ?

Houda Cherif : « J’aurais défendu les droits des hommes si je vivais dans un monde de domination féminine… » Un statut que j’avais mis pendant la période du confinement et qui m’a coûté plein de petits messages d’indignation de la part de quelques amies. Cela dit, c’est vraiment ce que j’ai toujours pensé et continuerai à le faire.

À ce moment-là, j’étais très indignée face à la distinction qui a figuré sur le fameux décret 209, alors j’ai fait ma petite campagne contre ce décret et pour confidence je n’ai pas dormi de la nuit tellement ce décret m’a choquée et bouleversée. J’ai en parallèle expliqué que j’étais loin d’être la pure et dure féministe et que si j’ai choisi de défendre la cause féministe, c’est parce que nous vivons dans un monde de domination masculine dictée non par l’homme mais malheureusement par toute une société.

Décret 209 qui sera modifié dans les 24 h

Une société formatée depuis la nuit des temps à faire de la femme, un être née pour une mission bien tracée à l’avance. Une mission qu’elle n’a jamais choisi elle-même. Dans un drôle de monde pris en otage par une division éternelle homme/femme qui semble s’atténuer en apparence dans les pays dits développés mais qui reste en réalité bien ancrée dans la pensée collective tout en changeant d’intensité et de formes d’une culture à une autre..


Lire aussi: Le devoir d’être féministe


La distinction qu’a failli mettre en place ce décret était, à mon sens, injuste, voire aberrante pour plusieurs raisons. D’abord, car elle n’était pas constitutionnelle et remettait en question tout le principe de l’égalité des chances entre les hommes et les femmes. Elle alimentait par ailleurs les stéréotypes et les idées préconçues que nous sommes en train de combattre depuis longtemps. L’égalité entre les femmes et les hommes suppose que ces derniers soient traités de manière égale. Sans aucune différenciation basée sur le genre. C’est l’essence même de la Déclaration universelle des droits de l’Homme.

Pour moi, c’est une question de cohérence. Si nous voulons qu’il n’y ait pas de discrimination lors de l’embauche, de différenciation en matière de rémunération et d’évolution de carrière, que la parité soit vraiment respectée au sein des conseils d’administration, au niveau des plus hautes fonctions, il faut que l’égalité soit appliquée à tous les niveaux même quand il s’agit de la garde des enfants. Les mentalités doivent absolument changer à cet égard. Nous sommes toutes et tous, êtres humains, capables de beaucoup d’amour envers notre progéniture que l’on soit homme ou femme. Donc arrêtons ces croyances subies de l’extérieur.

Bref, comme je l’ai déjà dit plus haut tout passe par l’éducation. C’est pour cette raison que le ministère l’éducation devrait être considéré comme un ministère régalien. C’est là où tout l’avenir d’une nation se décide.

Je dois avouer que nous passons par une période où les droits, y compris ceux des femmes, sont menacés. Mais cela est tout à fait normal au milieu de toute cette instabilité politique. Nous devons tout simplement faire preuve de beaucoup de vigilance. Les droits des femmes comprennent tous les dispositifs législatifs en relation avec les droits civiques, civils, politiques, socio-économiques et professionnels des femmes. Cela inclut aussi leur droit de disposer de leurs corps.

Donc quand on parle des droits des femmes, nous sommes face à tout un arsenal difficile à démanteler du jour au lendemain. Ce qu’il faut considérer au fait, c’est plutôt la mise en œuvre de ces droits. Au niveau des postes de prise de décision par exemple, nous sommes encore très loin de l’égalité malgré tous les efforts. Selon le rapport de l’OCDE, 35.8 % de l’ensemble des emplois fonctionnels de la fonction publique en Tunisie (secrétaire général de ministère/ Directeur général/ Directeur/ Sous-directeur/ Chef de service) sont occupés par des femmes en 2016. Cependant, la présence de la femme varie de façon claire selon le niveau de responsabilité et diminue au fur et à mesure que le poste s’élève : 40,2 % pour les chefs de services et 16,1 % pour les postes de secrétaire général. Donc nous avons du pain sur la planche.

4- Parlez-nous de la personne que vous admirez le plus ou de l’événement qui vous a influencé ?

Houda Cherif : La personne qui m’a le plus marqué dans ma vie fut mon père. C’est lui qui m’a appris le sens du Respect et l’importance de vivre à la fois digne et humble. Homme de loi, il m’a d’abord élevé sur le strict respect de la loi. Il m’imposait le respect de tous ceux à qui j’avais affaire sans considération de leurs rangs ou statuts sociales. Pour lui, tout doit être fait dans les règles de l’art. Il ne supportait pas que l’on fasse les choses à moitié. Ma mère et encore plus ma grand-mère ont toujours représenté pour moi le modèle de la femme moderne, ouverte, cultivée et extrêmement gentille et généreuse.

Cependant, la femme qui a le plus marqué la petite fille que j’étais fut la diva de la Radio feue Alia Babbou, plus connue sous le nom de Saida Alia qui m’a beaucoup appris. Elle a touché mon âme au point d’en laisser un bout d’elle en moi.. Am Rached, Mouna, Jalila, Aida. Ce studio, studio 3 de ce qu’on appelait à l’époque l’ERTT et “Jannet el Atfel”, représentent toute mon enfance.

Une enfance pleine de savoir, de curiosité, de belles histoires, de belle musique, de chansons de petits. mais aussi de grands noms, comme Feirouz, Cheikh Limam, Wadii Essafi, Sabah Fakhri, Riahi, Jouini, le Malouf… J’y étais quand je n’avais que 3 ans et j’y suis restée jusqu’à 14 ans. J’y étais jusqu’à la fin.. La triste fin d’un vrai ‘paradis’.. On apprenait tout par cœur et on chantait juste. Oui avec des grands noms comme Si Ouanes Kraiem , Si Mahmoud Thameri et Ali Gharbi, on ne pouvait pas chanter faux.. Je faisais “بريد الحصة” et réservais un moment de ma semaine à lire toutes les lettres qu’on recevait de nos petits auditeurs.. Et leur répondais à travers les ondes, présentais les dédicaces.. “نشيد الحصة”.

Des années inoubliables… On enregistrait les vendredis après-midi et parfois les samedis.. Je ne m’en lassais jamais.. J’attendais ces jours-là avec impatience et ne pensais pas que cela pouvait s’arrêter un jour, finir un jour, disparaître. J’avais l’impression que c’était éternel.. Mais rien n’est éternel.. Allah yarhamhom Wi naamhom..

العب و امرح و اضحك و افرح

Les personnes de ma génération doivent se souvenir de ce refrain.

5- Houda Cherif, vous avez côtoyé de grandes figures de ce pays qu’avez-vous appris d’elles ?

Houda Cherif : C’est vrai. J’ai en effet côtoyé de grandes figures de ce pays notamment du monde politique vu mon implication pendant une courte période que j’estime très enrichissante.

Aujourd’hui, je suis capable de comprendre la plupart des manœuvres politiques que je vois et entends, car j’ai eu l’opportunité de connaître la plupart des acteurs.

Il faut savoir que le politique est d’abord un humain. Avec tout un système de valeurs qui oriente ses choix et ses intérêts.

Ce que je retiens de mon passage politique est le fait que nous avons raté plein de belles opportunités pour ce pays. Les animosités de l’avant 2011 nous ont suivi après 2011. Et c’est bien elles qui nous ont mené à ce que nous vivons aujourd’hui.

S’il y a une figure pour qui j’ai eu beaucoup d’admiration et avec qui j’ai eu une belle relation d’amitié lors de ce passage, c’est bien la grande feue Maya Jeribi. Elle s’est battue contre l’Ancien Régime et a continué à se battre pour une nouvelle Tunisie après le 14 janvier.

Une militante exceptionnelle, une leader exceptionnelle, une amie exceptionnelle.. Une belle âme comme j’en ai rarement connue ! J’admirais son éloquence, son intelligence, sa force cachée. Son courage et son optimisme dépassaient toutes les limites et me remplissaient d’espoir au moment où les choses allaient mal. Dommage que les meilleurs partent vite!

Si je reviens sur la crise politique que vit la Tunisie en ce moment, je dirai qu’elle est intrinsèquement liée à une crise de valeurs. Le non-respect du b.a.-ba de la pratique démocratique. Tout comme le non-respect des lois et des procédures. Cela ouvre la porte à un opportunisme de taille et nous met devant une situation spectaculaire de marchandage politique. Un chaos historique qui risque de donner place aux plus résistants et non aux plus compétents..

6- Que retenez-vous de votre parcours ? Et qu’aimeriez-vous qu’on retienne de vous ?

Houda Cherif : J’en retiens beaucoup. J’ai toujours considéré que chaque année après le 14 janvier était l’équivalent d’une dizaine d’années d’expérience. Je ne sais pas par où commencer. Et là, je préfère ne parler que du positif,car j’ai beaucoup appris des personnes que j’ai croisé. Que ce soit sur la scène politique, médiatique ou dans la société civile. J’ai vu beaucoup de courage, de persévérance, de solidarité et d’amour sincères pour ce pays.

Ce que je veux qu’on retienne de moi, c’est que j’ai fait de mon mieux pour servir mon pays. Avec beaucoup de sincérité et de rigueur. Pour défendre l’égalité des chances. Je continue à le faire comme je peux, chaque fois que l’occasion se présente. Si j’ai un jour abandonné la politique, c’était parce que j’avais des convictions qui s’opposaient à certains mais auxquelles je tenais et pour lesquelles je voulais me battre loin de l’institution politique afin d’assumer la responsabilité de mes choix idéologiques. Je continue par ailleurs à suivre le parcours courageux de tous mes ami(e)s, qui ont choisi de faire une carrière politique et respecte leur persévérance au milieu de ces turbulences inédites de l’histoire de la Tunisie.

7- Houda Cherif , quelle est votre devise dans la vie ? Quel conseil que vous aimeriez-vous donner autour de vous ? Quel message aimeriez-vous faire entendre ?

Houda Cherif : Ma devise dans la vie, comme le savent la plupart de mes proches, fut depuis toujours la cohérence entre ce que je pense, ce que je dis et ce que je fais. Cela s’est manifestement renforcé avec l’âge comme tout autre défaut ou qualité et j’en suis particulièrement fière malgré tout.

Si j’ai un conseil à donner et qui serait valable dans tous les domaines de la vie, ce serait de ne pas laisser le cœur décider pour vous. Cela voudra dire laisser les émotions prendre le dessus et avoir le contrôle sur vos décisions et votre façon d’agir. De même, soyez juste et n’essayez de plaire à personne, car cela vous prive de l’extrême joie d’être vous-même.

Si j’ai un message à propager, ce serait le suivant :

Nous sommes tous uniques et avons tous nos défauts et nos qualités. Aimons-nous avec nos différences et enrichissons-nous de nos différences. La vie est tellement courte et tout est éphémère.


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