En Tunisie, le gaspillage alimentaire, c'est environ 5 % des dépenses mensuelles des ménages, soit une perte estimée à 570 millions de dinars par an, selon l'Institut national de la consommation. Des plateformes comme GetMiam ou Gaspych sont des solutions locales, pendant qu'une stratégie nationale et un projet avec la FAO se mettent en place.
Le gaspillage alimentaire en Tunisie, ça représente quoi exactement ?
environ 5 % des dépenses alimentaires mensuelles des ménages tunisiens finissent directement à la poubelle
Lors de la conférence nationale sur la sécurité alimentaire face aux changements climatiques, organisée à Tunis en mai 2024, Darine Doggui, de l'Institut national de la consommation, a posé un chiffre qui donne la mesure du problème : environ 5 % des dépenses alimentaires mensuelles des ménages tunisiens finissent directement à la poubelle. Rapporté à l'échelle du pays, ce gaspillage représenterait une perte annuelle estimée à 570 millions de dinars, selon la même intervention.
Ce constat chiffré n'est pas resté sans écho. Selon la FAO, 76 % des ménages de Tunis reconnaissent eux-mêmes l'ampleur du problème du gaspillage alimentaire. La majorité des familles de la capitale le vivent dans leur propre quotidien.
Pain, plats cuisinés, sucreries : où part la nourriture à la maison ?
Le pain demeure l'aliment le plus gaspillé au quotidien dans les foyers tunisiens. Selon Darine Doggui, une famille tunisienne moyenne jette en moyenne 42 kilogrammes de pain par an, hors Ramadan.
Pendant le Ramadan, la répartition change. D'après Darine Doggui, le gaspillage des familles concerne alors notamment les plats cuisinés (66,6 %), le pain (46 %), les sucreries (20 %) et les fruits (30 %). Cette hiérarchie invite à revoir d'abord les quantités cuisinées, sans négliger pour autant le pain, les douceurs et les fruits achetés en trop grande quantité pour le mois.
Des plateformes et une stratégie nationale : qu'est-ce qui existe déjà en Tunisie ?
À l'international, Too Good To Go annonce, en janvier 2026, plus de 500 millions de repas sauvés dans 20 pays, ainsi que son arrivée au Japon comme 21e pays. Mais ni Too Good To Go, ni Phenix, ni Karma n'opèrent en Tunisie. Côté tunisien, la plateforme GetMiam se présente elle-même comme un service reliant les consommateurs aux invendus de boulangeries, pâtisseries, restaurants et épiceries, proposés à prix réduit sous forme de paniers.
Côté institutionnel, une stratégie nationale de réduction du gaspillage alimentaire a été lancée en février 2025 sous l'égide du ministère du Commerce, avec l'INC et la FAO. Sur le terrain, un projet de la FAO mené avec les municipalités de Tunis et de La Goulette, lancé en 2023 avec un budget de 350 000 dollars, a été prolongé par un protocole d'accord signé le 2 mai 2025.
Quels gestes, dans nos cuisines, font vraiment la différence ?
Selon Darine Doggui (mai 2024), environ 5 % des dépenses alimentaires mensuelles des ménages tunisiens finissent à la poubelle. Ce chiffre invite à revoir vos habitudes avant même de penser aux grandes occasions : ajustez les quantités cuisinées à votre tablée réelle, et donnez une seconde vie aux restes.
Le mois de Ramadan montre où se concentre le gaspillage : les plats cuisinés (66,6 %), le pain (46 %), les sucreries (20 %) et les fruits (30 %), toujours selon Darine Doggui. Ces proportions désignent vos priorités : préparez le pain et les plats en quantités raisonnables, conservez les fruits, et composez des tables de sucreries à la mesure de ce qui sera réellement consommé.
Les ménages ajustent leurs achats et leurs portions. Les acteurs économiques, eux, trouvent les moyens d'écouler leurs invendus ; les pouvoirs publics inscrivent le sujet dans la durée. À votre échelle, ajuster une quantité de pain ou revoir la taille d'un plat cuisiné suffit parfois à faire la différence : ce sont ces gestes répétés, plus que les grandes annonces, qui finissent par peser sur ce qui atterrit à la poubelle.