Entre 2010 et 2024, le volume d'eau prélevé par les puits agricoles profonds non autorisés a quadruplé en Tunisie, selon le directeur général des ressources en eau : une pression qui pèse sur des nappes souterraines à renouvellement lent. Face à ces forages illégaux, le ministère de l'Agriculture annonce le déploiement de compteurs intelligents sur les points de prélèvement.
Les forages illégaux : quelle ampleur réelle depuis 2010 ?
le volume d'eau extrait des puits agricoles profonds non autorisés a quadruplé entre 2010 et 2024
Le constat vient de source officielle. Selon le directeur général des ressources en eau, le volume d'eau extrait des puits agricoles profonds non autorisés a quadruplé entre 2010 et 2024. Une telle progression, sur quatorze ans, change l'échelle du problème : la pratique a pris une ampleur structurelle.
Ce quadruplement donne un ordre de grandeur clair, sans détailler tous les volumes. Il situe les forages illégaux comme une tendance installée depuis plus d'une décennie dans l'agriculture.
Pourquoi cette hausse inquiète-t-elle pour les nappes souterraines ?
Un chiffre résume l'ampleur du phénomène : selon le directeur général des ressources en eau, le volume prélevé par les puits agricoles profonds non autorisés a quadruplé entre 2010 et 2024. Cette accélération se joue hors de tout cadre réglementaire, ce qui la rend d'autant plus difficile à anticiper pour les autorités chargées de la gestion de l'eau.
Les nappes profondes se renouvellent lentement, parfois sur plusieurs générations. Une telle hausse des prélèvements illégaux pèse donc sur une ressource qui ne se reconstitue pas au même rythme qu'elle est consommée. Elle complique aussi le pilotage officiel de l'eau, puisque ces volumes échappent par définition aux circuits autorisés et à leur suivi.
Comment l'État compte-t-il reprendre le contrôle des forages ?
Face à cette pression sur les nappes souterraines, le ministère de l'Agriculture annonce une réponse technique : le déploiement de compteurs intelligents sur les points de prélèvement. L'objectif affiché est de connaître, forage par forage, le volume réellement pompé plutôt que de s'en tenir à des estimations.
Ce dispositif s'accompagne d'un système de suivi en temps réel des prélèvements, pensé pour détecter les anomalies dès qu'elles surviennent, non lors d'un contrôle ponctuel. Reste à voir, à ce stade, selon quel calendrier et sur quels forages ce suivi sera effectivement installé.
Compteurs intelligents et suivi en temps réel ne pèseront sur les prélèvements illégaux que si leur déploiement s'étend, forage après forage, au-delà de l'annonce. D'ici là, la vigilance sur l'état des nappes souterraines reste la seule mesure sûre d'un problème qui, par définition, échappe aux circuits officiels.