En mars 2020, La Sultane vous expliquait ce qu’on savait sur ce nouveau coronavirus tout juste identifié. Sept ans plus tard, l’OMS recense plus de sept millions de morts confirmés à travers le monde, la Tunisie a payé un lourd tribut, et la pandémie a transformé la science, l’économie et nos habitudes du quotidien. Voici ce qui a changé depuis ce mois de mars où tout a basculé.

Mars 2020 : ce qu’on savait alors

Le COVID-19 — acronyme anglais de coronavirus disease 2019 — était une maladie infectieuse émergente, découverte chez l’homme en Chine, dans la province de Wuhan, en novembre 2019. D’abord qualifiée d’épidémie, elle avait été requalifiée de pandémie par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) le 11 mars 2020, le virus étant alors présent dans 150 pays, avec des zones à risque en dehors de la Chine comme Singapour, la Corée du Sud, l’Iran ou l’Italie.

Des symptômes encore mal cernés

À l’époque, les symptômes — fièvre, toux sèche, fatigue, difficultés respiratoires — mettaient jusqu’à 14 jours après exposition avant de se manifester, ce qui justifiait une quarantaine de deux semaines pour les voyageurs revenant des zones à risque. Selon l’OMS, environ 80 % des personnes infectées guérissaient sans traitement particulier, tandis qu’une personne sur six développait des symptômes plus graves — les personnes âgées, immunodéprimées ou souffrant de maladies chroniques étant les plus vulnérables. En Tunisie, un numéro vert (190, puis le 80 101 919) avait été mis en place pour orienter le public.

Aucun vaccin, seulement des gestes barrières

À ce stade, il n’existait aucun vaccin contre le COVID-19. Les recommandations de l’OMS se limitaient au lavage régulier des mains — jugé plus protecteur que le port de gants —, à la distance d’au moins un mètre avec une personne symptomatique et à l’abandon des poignées de main et des embrassades. Sept ans après, l’écart avec la situation actuelle mesure à quel point la science et nos habitudes ont dû s’adapter en urgence.

L’impact sur les vies : un bilan humain sans précédent

À l’échelle mondiale, plus de sept millions de décès liés au COVID-19 ont été formellement confirmés dans 234 pays en cinq ans, pour près de 777 millions de cas recensés. Ces chiffres, précise l’OMS, ne portent que sur les infections et décès officiellement rattachés à la maladie : ils sont donc très probablement inférieurs à la réalité. L’Organisation elle-même a estimé la surmortalité associée à la pandémie à 14,9 millions de décès rien que pour 2020 et 2021.

Plus de sept millions de morts confirmés dans 234 pays en cinq ans — un bilan que l’OMS elle-même juge inférieur à la réalité de la surmortalité.

La Tunisie n’a pas été épargnée. Dès le 17 mars 2020, un couvre-feu de 18h à 6h avait été instauré sur tout le territoire ; le 20 mars, le président Kaïs Saïed annonçait un confinement général, effectif du 22 mars au 4 avril, avec l’armée déployée pour en assurer le respect. Selon le bilan final du ministère de la Santé (juin 2023), la pandémie a fait 29 423 morts confirmés en Tunisie pour 1 153 361 cas recensés depuis mars 2020 — un tribut lourd pour un pays de moins de douze millions d’habitants.

La science a rattrapé le virus

Des vaccins mis au point en un temps record

Face à un virus pour lequel, en mars 2020, « il n’existe pas de vaccin », la riposte scientifique a été spectaculaire : le vaccin à ARN messager de Pfizer/BioNTech (BNT162b2) a été autorisé dès décembre 2020, moins d’un an après l’apparition du virus — une prouesse pour une technologie qui n’avait encore jamais été homologuée contre une maladie infectieuse, quand le développement d’un vaccin prend habituellement plus d’une décennie. Sept ans de recul permettent aujourd’hui d’en évaluer la sécurité à long terme : une étude française EPI-PHARE, publiée en décembre 2025 dans la revue JAMA Network Open, a suivi près de 29 millions de personnes de 18 à 59 ans pendant une durée médiane de 45 mois. Résultat : les personnes ayant reçu au moins une dose de vaccin à ARNm présentaient un risque de décès toutes causes réduit de 25 % par rapport aux personnes non vaccinées.

Le COVID long, une réalité encore mal comprise

Sept ans après, une zone d’ombre demeure : le COVID long. Une revue de la littérature publiée dans Nature Reviews Microbiology estimait qu’au moins 65 millions de personnes dans le monde en étaient atteintes, à partir d’une incidence prudente de 10 % sur plus de 651 millions de cas documentés — un chiffre jugé très probablement sous-estimé. L’OMS définit cette affection par la persistance, au moins deux mois, de symptômes apparus dans les trois mois suivant l’infection et non expliqués par un autre diagnostic : troubles cognitifs et de mémoire (36 % des cas), fatigue (34 %), troubles de santé mentale comme l’anxiété (31 %) ou essoufflement (24 %) figurent parmi les plus fréquents. En France, Santé publique France estimait fin 2022 à environ 4 % de la population adulte — soit 2,06 millions de personnes — la part concernée par cette affection post-COVID selon la définition de l’OMS. L’ampleur exacte du phénomène reste débattue dans la communauté scientifique, notamment du fait du sous-diagnostic des débuts de la pandémie.

L’économie sous le choc du confinement mondial

Là où l’article d’origine ne pouvait qu’évoquer une épidémie naissante, le recul montre l’ampleur du choc économique. Dès juin 2020, le Fonds monétaire international prévoyait une contraction du PIB mondial de 4,9 % pour l’année, qualifiant la crise de pire récession depuis la Grande Dépression — un « grand confinement » aux effets particulièrement violents pour certaines économies européennes, avec des reculs projetés de 12,5 % pour la France et de 12,8 % pour l’Espagne et l’Italie.

En Tunisie, c’est le tourisme, pilier économique du pays, qui a le plus souffert : les recettes touristiques ont chuté de 64 % en 2020, passant de plus de 4 800 millions de dinars en 2019 à environ 1 800 millions de dinars, tandis que les arrivées reculaient de 78 % et les nuitées de 80,5 %. Près de 58 % des agences de voyages ont vu leur chiffre d’affaires chuter d’au moins 75 % sur le second semestre 2020. La reprise, depuis, s’est aussi jouée ailleurs que sur les côtes : le tourisme intérieur en Tunisie s’est imposé comme un relais durable pour le secteur.

Les habitudes qui ont changé

Le télétravail, quasi inexistant avant 2020, s’est durablement installé dans le paysage professionnel : en France, 63,6 % des salariés ont télétravaillé au moins une fois au cours des douze derniers mois, et 22 % des salariés du privé au moins une fois par mois, souvent selon un rythme hybride de deux jours sur cinq. Une étude de l’Insee montre même que le télétravail a accru la productivité dans les entreprises qui l’ont maintenu après la crise sanitaire — de quoi nourrir la réflexion sur l’avenir du travail que porte aujourd’hui une nouvelle génération de salariées. Le rapport au repos et à la déconnexion, lui aussi, s’est transformé — un sujet que La Sultane explore dans Repos et cerveau : pourquoi décrocher coûte si cher.

Plus largement, la pandémie a remis le soin de soi et la santé collective au centre des priorités : hygiène des mains, vigilance face aux symptômes, recours plus naturel à la téléconsultation sont devenus des réflexes pour une partie de la population, dans le prolongement d’une prise de conscience plus large sur ce que recouvre le bien-être — la dimension sociale de la santé que la crise a mise en lumière.

Questions fréquentes

Combien de personnes sont mortes du COVID-19 dans le monde ?

Plus de sept millions de décès ont été formellement confirmés dans 234 pays en cinq ans, mais l’OMS estime que la surmortalité réelle associée à la pandémie a atteint 14,9 millions de décès rien que pour 2020 et 2021.

Combien de décès la Tunisie a-t-elle enregistrés ?

Selon le bilan final du ministère de la Santé publié en juin 2023, la Tunisie a enregistré 29 423 décès confirmés et 1 153 361 cas depuis le début de la pandémie en mars 2020.

Les vaccins à ARNm sont-ils sûrs sur le long terme ?

Une étude française ayant suivi près de 29 millions de personnes pendant une durée médiane de 45 mois montre que les personnes vaccinées présentaient un risque de décès toutes causes réduit de 25 % par rapport aux non-vaccinées, sans signal d’augmentation du risque à long terme.

Qu’est-ce que le COVID long ?

C’est la persistance, au moins deux mois, de symptômes apparus dans les trois mois suivant l’infection et non expliqués par un autre diagnostic (fatigue, troubles cognitifs, essoufflement notamment). Au moins 65 millions de personnes dans le monde en seraient atteintes.

Le télétravail a-t-il perduré après la pandémie ?

Oui : en France, 63,6 % des salariés ont télétravaillé au moins une fois dans l’année, souvent selon un rythme hybride, et les entreprises qui l’ont maintenu ont vu leur productivité progresser.

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Article mis à jour le 30 juillet 2026.

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