Pour les exportateurs tunisiens, l'empreinte carbone, la traçabilité et le reporting ESG deviennent des conditions d'accès au marché européen. La 4e édition de l'African ESG Summit, organisée par le magazine Managers à l'hôtel Sheraton de Tunis sous le thème «Exportez durablement», a réuni chefs d'entreprise, experts et institutions pour confronter leurs pratiques.
Pourquoi les nouvelles règles européennes changent-elles la donne pour les exportateurs tunisiens ?
Ces exigences redessinent moins une contrainte administrative qu'une nouvelle grammaire du commerce avec l'Europe, à laquelle les exportateurs tunisiens doivent désormais répondre pour rester dans la course.
Pour les entreprises tunisiennes qui exportent vers l'Europe, le terrain de jeu change de nature. L'empreinte carbone, la traçabilité des produits, le reporting ESG et le devoir de vigilance ne relèvent plus de la bonne volonté : ils deviennent des conditions d'accès au premier marché d'exportation du pays.
Concrètement, une entreprise qui ne documente pas ses émissions, l'origine de ses matières ou ses pratiques sociales et environnementales s'expose à voir ses débouchés européens se resserrer. Ces exigences imposent une nouvelle grammaire du commerce avec l'Europe, à laquelle les exportateurs tunisiens doivent désormais répondre pour rester dans la course.
Qu'est-ce que l'African ESG Summit, et quel était le thème de cette 4ᵉ édition ?
La 4ᵉ édition de l'African ESG Summit s'est tenue à l'hôtel Sheraton de Tunis, à l'initiative du magazine Managers. L'événement a retenu pour thème «Exportez durablement», un intitulé qui résume l'enjeu posé aux entreprises exportatrices face aux nouvelles règles du marché européen.
Chefs d'entreprise, experts, banquiers, représentants d'institutions et startups y ont pris part. Réunis dans un même lieu, ces acteurs aux profils différents ont confronté leurs pratiques.
La durabilité, un coût ou une source de valeur ?
Sahar Mechri, directrice exécutive de Managers, propose un changement de regard sur la durabilité : elle invite les entreprises exportatrices à la considérer comme un levier de création de valeur. Cette lecture renverse l'approche défensive souvent adoptée face aux nouvelles exigences du marché européen.
Pour les exportateurs, l'enjeu serait donc de transformer les critères de durabilité en avantage compétitif sur le marché européen. Une entreprise qui intègre ces exigences tôt se positionnerait favorablement face à des clients de plus en plus attentifs à l'impact environnemental et social de leurs fournisseurs.
Reste que cette mise en conformité ne se traite pas en marge de l'activité : documenter ses émissions, retracer l'origine de ses matières et formaliser ses pratiques sociales et environnementales sont des chantiers à mener de front, pas des formalités à reporter. Les entreprises qui engagent ce travail sans attendre se donnent une longueur d'avance sur un marché européen où la durabilité pèse déjà dans le choix des fournisseurs.