Vous arrive-t-il, sous le coup d’une tension, de « perdre les pédales » et de réagir de façon démesurée — avant de le regretter aussitôt après ? Ces réactions qui nous échappent relèvent en général d’une série de mécanismes psychologiques et physiologiques bien connus : les mécanismes de défense émotionnelle.

Comment le cerveau réagit-il face aux tensions ?
Face à un stimulus, quelle que soit sa nature, le système limbique (la partie du cerveau qui traite les émotions) réagirait en premier — avant même que le néocortex (la partie « pensante ») ait analysé l’information. Ses réponses seraient donc souvent imprécises. L’amygdale, chargée d’examiner l’environnement et de stocker les réactions émotionnelles, évaluerait la situation : cette chose peut-elle nuire, faire mal, faire peur ? En cas de réponse positive, l’organisme active les fonctions utiles à la lutte contre la menace et relègue les autres au second plan.

Le cerveau sécrète alors les hormones nécessaires à la fuite comme au combat : le champ de vision se réduit, le pouls s’accélère, la circulation sanguine se dérègle — et avec elle, notre capacité de réflexion. Pendant ce temps, le néocortex est inhibé et les réactions deviennent purement instinctives.
Pourquoi cette réaction se produit-elle encore aujourd’hui ?
Ce mécanisme aurait un caractère évolutif : chez nos lointains ancêtres, confrontés à un danger réel (ennemis, animaux), il s’agissait de prendre la fuite ou de se battre. Nos réactions actuelles resteraient les mêmes face à un péril perçu — mais socialement, ni la fuite ni le combat ne sont acceptables : ces réponses émises sous le coup de l’émotion sont souvent trop rapides, inexactes et abruptes.

Ces réponses automatiques du système limbique, développées dès l’enfance, restent censées s’estomper à l’âge adulte. Lorsque le mécanisme de défense émotionnel s’enclenche, toute l’attention se concentre sur le stimulus qui déclenche le tumulte d’émotions, rendant impossible toute explication rationnelle sur le moment.
Comment mieux contrôler ce mécanisme ?
Un des moyens d’y parvenir serait d’apprendre à écouter son corps et ses émotions : avant que les choses n’échappent au contrôle, un débordement émotionnel se manifeste quelques instants auparavant. Reconnaître ce moment où l’on sent « la moutarde monter » permettrait d’agir avant que l’amygdale n’inhibe le cerveau rationnel — et d’éviter des réactions que l’on regrette ensuite.
Concrètement, il s’agit d’apprendre à reconnaître les symptômes annonciateurs d’un dérapage émotionnel : accélération du rythme cardiaque, bouffées de chaleur, transpiration, tremblements. Les identifier et les nommer permettrait de solliciter le néocortex et le mécanisme de rationalisation, plutôt que de laisser place aux réactions automatiques.

Les choses ne changent pas, c’est nous qui changeons.
Henry David Thoreau
On ne peut pas empêcher les événements de se produire, ni la réaction qu’ils déclenchent en nous. On peut, en revanche, apprendre à changer sa manière d’y faire face.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un mécanisme de défense émotionnelle ?
Une réaction psychologique et physiologique automatique face à une tension perçue, pilotée par le système limbique avant même l’intervention de la partie rationnelle du cerveau.
Pourquoi le néocortex est-il temporairement mis de côté lors d’une réaction émotionnelle forte ?
Parce que le système limbique réagit avant que le néocortex n’ait analysé l’information, ce qui explique des réactions rapides mais souvent imprécises.
Comment mieux gérer ses réactions émotionnelles au quotidien ?
En apprenant à reconnaître les signaux physiques (rythme cardiaque, transpiration, tremblements) qui précèdent un débordement, pour intervenir avant que l’émotion ne prenne le dessus.
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Originally posted 2016-03-22 19:30:19.

