La Tunisie regorge de vestiges et de ruines datant de l’Antiquité. Situés aux quatre coins du pays, ils sont des témoignages de l’Histoire du pays. En effet, 3.000 ans sont concentrés sur ce territoire de plus de 163.000 kilomètres carrés dont des sites archéologiques romains qui sont classés au patrimoine mondial de l’Unesco.

Carthage

Sites archéologiques romains- Carthage
Carthage

La célèbre ville de Carthage qui abrite actuellement le palais présidentiel, est un site archéologique très riche et chargé d’histoire. Située au nord-est de Tunis, cette ville devient rapidement incontournable niveau du commerce, mais aussi pour des questions militaires, à l’époque de l’Antiquité. Voyant son pouvoir s’étendre de plus en plus, les romains décidèrent de l’attaquer. Une fois acquise, ils détruisirent la ville et en reconstruisirent une nouvelle, sur les vestiges de l’ancienne cité.
Afin de se rendre compte de l’importance stratégique que représentait Carthage, il faut se rendre au sommet de la colline de Byrsa, afin de contempler l’ouverture sur la mer en contrebas. Ovni architectural, l’imposante Cathédrale Saint-Louis, qui se trouve sur la colline, est un  mélange de style byzantin et mauresque. Carthage aura ainsi favorisé, grâce à sa métropole et ses ports, des échanges à grande échelle dans la Méditerranée. L’acropole de Byrsa, le tophet punique, les nécropoles, l’amphithéâtre, le cirque, le quartier des villas, les basiliques…


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De l’époque romaine subsiste un bien plus grand nombre de monuments. Au sommet de la colline de Byrsa (encore appelée l’Acropole), de puissantes fondations ainsi que des fragments de colonnes et des pans de murs nous donnent une idée de la magnificence du forum.
Le reste des vestiges se dispersent par « paquets » sur une vaste étendue. Ce sont, au nord ouest de l’Acropole : 
– les citernes de la Maalga, les plus grandes de l’Antiquité romaine, qui alimentaient la métropole en eau venue par aqueduc des sources de Zaghouan, à 70 Km de là ; 
– l’amphithéâtre, qui vit le martyre des saintes Perpétue et Félicité au IVe siècle ;
– le cirque, dont on devine tout juste le tracé.
Au nord de l’Acropole, non loin de la mosquée El Abidine, récemment érigée à l’emplacement d’immeubles d’époque coloniale :
– la basilique Damous Carita, du IVe siècle ;
– un ensemble funéraire de même époque ; 
– le théâtre, réhabilité à l’usage du festival international de Carthage ;
– le quartier dit de l’Odéon, comprenant des vestiges de villas, ainsi que la restitution d’une demeure appelée Villa de la volière.
Plus à l’est, en bord de mer :
– les thermes d’Antonin, un parc archéologique comprenant, outre les installations thermales, parmi les plus vastes d’Afrique érigées au IIe siècle, on dénombre les vestiges d’un grand nombre d’édifices : habitations, lieux de culte de diverses époques ainsi que des sépultures, certaines remontant à l’époque punique. 
Des monuments isolés (basilique Saint Cyprien, fontaine aux mille amphores, temple de Junon, villas paléo-chrétiennes ), arrivée des aqueducs, citernes monumentales etc. sont dispersés un peu partout sur le site.

La cité romaine de Thuburbo Majus

 Située au sud-ouest de Tunis, la ville de Thuburbo Majus est une ancienne cité datant de la civilisation punique. Elle se retrouva au centre des guerres contre l’empire romain.
Malgré les affrontements et le nombre d’année écoulées, d´impressionnantes ruines témoignent encore de l’essor urbanistique et de la richesse de la cité romaine, comme les somptueuses maisons dotées de salles de bains chauffées et parées de mosaïques. 

Sites archéologiques romains- Thuburbo Majus
Thuburbo Majus

Du forum de la paix, au petit temple de Mercure, le site de Thuburbo Majus s’étend sur environ 40 hectares. Partiellement fouillé, il est « capitonné » de nombreux édifices, monumentaux pour la plupart, tel le capitole, avec ses six colonnes en façade et le temple Cérès transformé en basilique


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Bulla Regia

Bulla (la) Royale. L’appellation semble quelque peu pompeuse par rapport à la place réelle occupée par cette cité dans l’histoire, mais elle se justifie par le fait que Bulla a été, au deuxième siècle avant J-C., la capitale d’une principauté numide issue du démembrement du royaume de Massinissa, ennemi héréditaire des Romains qui auraient fini par le battre.

La fondation de Bulla remonte bien plus haut que cette époque, comme en témoignent les mégalithes et dolmens épars sur le site. De même, de maigres vestiges d’époque punique attestent de l’influence de la métropole carthaginoise sur le mode de vie d’une population majoritairement numide. Mais c’est l’occupation romaine qui nous a légué l’essentiel des vestiges qui, aujourd’hui, s’étendent sur plusieurs dizaines d’hectares.

Bulla Regia- Sites archéologiques romains
Bulla Regia

On retrouve à Bulla Regia toutes les composantes de la cité romaine antique : temples, forum, bains publics, théâtre, etc. Certains de ces monuments, comme les thermes érigés au deuxième siècle, sont de taille imposante. Mais la plus grande originalité du site se présente sous forme de villas à étages : un niveau à la surface du sol, aujourd’hui passablement arasé mais dont subsistent de très beaux lambeaux de pavements en mosaïque, et un niveau en sous-sol, fréquenté en été pour lutter contre la chaleur torride qui sévit ici en cette période de l’année ; et cela nous a valu en héritage des demeures quasiment intactes avec de superbes pavements de mosaïque, dont l’éblouissant tableau dit de l’Amphitrite portée par un centaure marin, Neptune et deux génies ailés.

Chemtou

Sites archéologiques romains- Chemtou
Chemtou

À peine 16 km séparent Chemtou de Bulla Régia. L’antique Simitthu était surtout connue pour ses carrières de marbre jaune et rose, le fameux gialo numidicum qui entrait dans la décoration de tous les édifices de prestige (temples, palais, riches demeures…) à travers l’espace méditerranéen antique. Et l’exploitation de cette richesse a engendré l’émergence puis l’épanouissement d’une cité dont subsistent les monuments (villas, basilique judiciaire, théâtre, aqueduc, pont, etc) qui constituent aujourd’hui la partie visible d’un patrimoine dont l’essentiel reste à découvrir.

Le site se compose de deux grandes parties : la carrière, avec ses installations industrielles, ses cantonnements pour main d’œuvre et pour la garnison militaire, et la cité de Simitthu. Les travaux d’aménagement du site et d’un musée de site au cours d’une vaste campagne de fouilles entreprise dans le cadre de la coopération tuniso-allemande ont permis non seulement de mettre en valeur le rôle joué par le « marbre numide » dans le passé, mais ont également éclairé d’un jour nouveau la civilisation numide à la faveur de découvertes faites in situ et qui montrent un degré de progrès matériel et intellectuel, de raffinement et d’élévation spirituelle peu connus jusque-là et qui sont démontrés avec une parfaite maîtrise dans le musée.

Dougga

Dougga, ou Thugga, est assurément le site archéologique le plus prestigieux de Tunisie. Plusieurs facteurs concourent à lui conférer une place à part dans le panorama archéologique tunisien : son emplacement sur un éperon dominant la riche vallée de la Mejerdah (Thugga, en langue libyque, signifie verdure), l’étendue du site qui s’étale sur plusieurs dizaines d’hectares et qui couvre plusieurs ères historiques, l’écrin de végétation – en particulier cette forêt d’oliviers plusieurs fois centenaires – qui l’entoure et, bien entendu, l’excellent état de conservation de la plupart des monuments qui le composent dont certains, tels le capitole ou le théâtre, ont été « remis sur pied » au cours d’une campagne menée au lendemain de la première guerre mondiale par des prisonniers de guerre. Donc, des « dolmens » jusqu’aux fortifications byzantines, toutes les étapes de la progression de l’histoire de l’Afrique antique sont illustrées sur le terrain par des monuments de belle facture, des édifices qui se placent parmi les plus élégants ou les plus achevés du bassin méditerranéen, tels le capitole, le théâtre, le mausolée lybico-punique, ou les superbes demeures patriciennes.

Sites archéologiques romains- Dougga
Dougga

Uthina

L’antique cité d’Uthina se situe à une trentaine de kilomètres au sud de la capitale, à l’endroit dit Oudhna, au faîte d’une éminence qui domine les principales voies d’accès à Carthage venant du sud et de l’ouest du pays. Sa fondation semble remonter à l’époque libyque (ou berbère) comme en atteste sa toponymie. Au gré des fluctuations de l’Histoire, elle a été punicisée puis romanisée, avant les deux brèves tutelles vandale et byzantine – près d’un siècle chacune préludes à un déclin définitif après la conquête arabe au VIIe siècle.

Sites archéologiques romains- Uthina
Uthina

Le site sauvegardé s’étend sur une centaine d’hectares. Il est « capitonné » d’imposants édifices remontant à l’époque romaine et actuellement en cours de dégagement et de consolidation. Ce sont : le capitole, le plus grand d’Afrique, aménagé sur trois niveaux ; deux groupes de citernes à très forte capacité ; de grands thermes publics et de petits thermes privés ; les vestiges de demeures patriciennes, un amphithéâtre en partie encastré dans le sol et d’une capacité d’accueil initiale supérieure à 10.000 spectateurs.

Les campagnes de fouilles engagées dans ce site depuis la fin du XIXe siècle ont livré de très nombreuses pièces remontant aux époques punique, romaine et arabe. Uthina a, en particulier, livré au musée du Bardo une collection de pavements de mosaïque d’une perfection inégalée.

Néapolis

Aujourd’hui intégré dans le tissu urbain de la ville de Nabeul, du côté de la zone touristique, le site antique de Néapolis a été fortuitement découvert en 1965 lors de travaux de terrassements. Des fouilles de sauvetage ont permis de découvrir un ensemble unique en son genre : une véritable installation industrielle d’époque romaine de fabrication du garum et de salaison de poisson. On est manifestement en présence de restes d’une entreprise de fabrication à grande échelle de ce fameux condiment si apprécié des Romains et dont une grande partie devait être destinée à l’exportation vers d’autres pays méditerranéens où les Romains en ont diffusé l’usage. Il s’agit de grands bassins où les entrailles des poissons et le fretin étaient mis à macérer pour produire une sauce proche du nuoc mam asiatique. On peut y avoir les restes de rangées de poissons, salés ceux-là en vue de leur conservation pour une longue durée.

Sites archéologiques romains- Néapolis
Néapolis- Nabeul

Parallèlement à ce chantier, un autre, ouvert à proximité, a permis, lui, de dégager partiellement un quartier d’habitation le long d’une superbe voie dallée et qui a livré les vestiges de somptueuses demeures, pour la plupart pavées de superbes mosaïques dont certaines ont été conservées in situ, alors que d’autres sont exposées au Musée de Nabeul.

Gigthis

Gigthis est un site antique situé dans le Sud de la Tunisie, sur le territoire du gouvernorat de Médenine en face de l’île de Djerba. Sur place, c’est principalement le centre urbain de la ville antique, c’est-à-dire son forum romain et ses monuments, que vous découvrirez. Tout autour, vous admirerez également des édifices religieux et officiels dont le plus important est le capitole. Ici, c’est la somptuosité de ses nombreux vestiges tant sacrés que profanes qui vous émerveillera.

Sites archéologiques romains- Gigthis
Gigthis

Ce site antique se situe dans le sud-est du pays, en bordure du golfe de Boughrara qui forme, avec la complicité de l’île de Djerba, une véritable mer intérieure propice à la pêche, mais aussi aux échanges avec le reste de la Méditerranée. Comptoir maritime, donc, comme en attestent les restes d’installations portuaires aujourd’hui éloignées du rivage, et celà, depuis la plus haute Antiquité, comme en témoignent la présence de nécropoles puniques au nord et au nord-ouest de la cité, mais aussi un important carrefour routier reliant l’arrière-pays à la côte et le Sud aux profondeurs du domaine saharien. Cela explique l’étendue du site, surprenante aux confins du désert, ainsi que la somptuosité de ses nombreux monuments tant sacrés que profanes.

D’après les archéologues, le véritable essor de la ville se situe à la fin du 1er siècle, atteint son apogée au IIe siècle et se prolonge jusqu’au IVe siècle : une durée remarquable.

Une campagne soutenue d’entretien et de restauration menée ces dernières années a permis de dégager le site et d’en mettre en valeur les diverses composantes : capitole, forum, espaces sacrés, marché, quartiers d’habitation, etc.

Tubernuc

Site archéologique d’origine romaine situé dans les environs du village d’Aïn Tébournouk, Tubernuc a la particularité d’être encore très préservé du tourisme de masse. Ici, les vestiges remontent très probablement à l’époque punique comme en témoigne la présence d’un ex-voto, dédié à Saturne et Cælestis, retrouvé dans un sanctuaire en plein air. A noter que les fouilles ont permis de dégager des thermes publics et un tissu urbain remontant au Ier siècle. L’occasion de faire un bon dans l’Histoire en toute quiétude.

Sites archéologiques romains- Tubernuc
Tubernuc

Le monument d’exception : Le Colisée d’El Jem

C’est le monument romain d’Afrique du Nord, de loin le plus imposant, sa silhouette ronde et massive s’élève dans une plaine plate et désertique qui le laisse voir à très longue distance, et cela, d’autant plus facilement que la localité qui s’est développée autour de l’édifice a évité les constructions en hauteur.

Sites archéologiques romains- El Jem
Colisée d’El Jem
De forme presque elliptique, le monument mesure 149 m de long sur 124 m de large et 36m de haut. Les gradins, aujourd’hui disparus et partiellement reconstitués, pouvaient accueillir jusqu’à 30.000 spectateurs, ce qui classe cet édifice en 7ème position après ceux de Rome, Capoue, Milan, Autun, Vérone et Carthage. L’arène, longue de 65m dans son grand axe, est traversée en sous-sol par deux larges galeries par lesquelles arrivaient acteurs, fauves et engins qui pouvaient être cantonnés dans deux séries de huit cellules souterraines. Longtemps réduit au seul rôle de monument historique, le Colisée d’El Jem est, depuis à peu près deux décennies, utilisé comme espace culturel accueillant, en été, le festival de musique symphonique d’El Jem et d’autres manifestations artistiques.

Le Colisée d’El Jem est considéré comme étant le troisième plus grand amphithéâtre du monde romain, après celui de Rome et celui de Capoue. Arches, escaliers, arcs boutants, salles souterraines… autant de prouesses architecturales qui en font un monument incontournable, lors d’une visite en Tunisie.
L´aspect grandiose de l´amphithéâtre se confirme en chiffres avec une capacité de 30.000 spectateurs et une arène de 65 mètres de long, le tout sur trois étages. Ce Colisée est l’un des monuments de son genre les mieux conservés. Et cela malgré les nombreuses vicissitudes qu’il a traversées dans le temps, en particulier le sévère bombardement au canon à boulets qu’il a subi au XVIIe siècle pour en déloger une tribu rebelle qui s’y était retranchée. Ces affrontements provoquèrent une grande brèche dans le flanc de l’édifice.


Article paru dans La Sultane


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