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Interview de la poétesse Wafa Hmissi

                                      « La poésie reflète nos états d’âme »

Auteure du recueil de poèmes intitulé « Jasmin, pulsation et délire », l’écrivaine et poétesse Wafa Hmissi est actuellement en pleine préparation d’un nouvel ouvrage. Elle répond avec zèle aux questions de la Sultane magazine.

Wafa Hmissi, pouvez-vous nous présenter votre personne aux lecteurs de la Sultane?

Je suis éprise de lettres françaises depuis mon enfance. J’ai toujours dévoré les romans, essais et poèmes…français. Étant élevée par un militaire, j’ai appris très jeune le courage, l’acceptation de la différence et la délectation du plaisir de la richesse culturelle. Cela m’a été d’une grande utilité puisque nous avons passé notre vie à déménager d’une région à une autre, ce qui est la vocation de tout militaire. J’ai étudié en Tunisie mais aussi en France la sociologie et le théâtre, notamment à Paris qu’à Avignon. De retour au pays, je fus recrutée au sein du ministère de l’éducation comme professeur de français tout en poursuivant mes recherches dans le domaine de la littérature et la langue françaises du XVIIème siècle.

Pourquoi avoir choisi la poésie plutôt que le roman?

En écrivant de la poésie, je me sens libre, épanouie, volant dans les cieux des muses, de la sonorité, des sentiments et des pulsations. La révolution tunisienne et avec tout le désenchantement qu’elle a suscité en moi, m’a propulsée à mon insu, à dessiner les émois de mon cœur. A dire non au terrorisme, à l’immigration clandestine, à certaines grèves « graves »…à ces vampires et fléaux qui ont mis à feu et à sang un pays de jasmins, de joie et de foi.

D’où ce désarroi…!

J’espère que vous comprendrez ainsi, pourquoi les poèmes « Grèves », « Mon pays » et « Changer » ainsi que d’autres sont le produit de la souffrance d’une jeune femme qui a bel et bien cru à la révolution. Consternée par la manipulation des élus, la récupération des idéaux des pauvres gens par les corrompus, les protestations des chômeurs et grévistes, la paresse hypocrite, la gabegie environnante, la crise économique, sociale et surtout politique.

En effet, pour s’évader des contraintes du boulot et des recherches, je m’octroie ces quelques moments d’épanouissement personnel et « d’intimité » et ce, en composant des vers. La poésie n’est-elle pas un art qui frôle la perfection, si perfection existe déjà, par la musicalité des rimes, les images riches et variées proposées et surtout la pluralité des lectures offerte aux lecteurs? La poésie est le reflet des différents états d’âmes des êtres sensibles. Elle dépend du degré de notre inspiration et surtout de la muse. « Poésie Berceau de mon adolescence, Cris de mon cœur, Joie de mon amour, Exaltation de mon esprit, Euphorie de mes déceptions, Compagne de mes nuits solitaires, Sublimes rêves de mes cauchemars, Poésie, je te respire. »

Combien de romans ou de recueils de poème avez-vous à votre actif?

Mon recueil « Jasmin, pulsation et délire » est mon premier et seul recueil édité pour le moment. J’ai trois autres manuscrits non édités en attente: une recherche, un autre recueil et un roman. Mon recueil a été imprimé et édité en Algérie, ce qui en fait ma deuxième patrie comme l’atteste le choix de l’éditeur.

Et votre roman?

Quant au roman, il verra très bientôt le jour. Il surprendra par sa beauté tuniso-française. Il évoque la vie d’une femme tunisienne après la révolution.

Pourquoi avoir opté pour la langue française plutôt que l’arabe?

Pourquoi la langue française! Ce qui coule dans mes veines, ce n’est pas du sang, ce ne sont que de belles lettres françaises… Ce sont mes romans de chevets qui m’ont ouvert les yeux et l’esprit sur des sujets débattus variés, le militantisme de certains et la sensibilité des autres. Laquelle sensibilité a éraflé mon cœur et depuis, je l’avais cette langue dans le cœur et dans l’esprit.

Poète ou poétesse?

Poétesse ou poète, vous dites? Il n’y a pas de différence entre les deux, la femme se hisse, aujourd’hui, au sommet de très belles fonctions et importants statuts. Parlons-nous encore de la différence entre homme et femme? A mon avis, c’est une question désuète et perd tout fondement si on embrasse l’état actuel de la Tunisie suite à une révolution soutenue, dirigée et organisée essentiellement par les femmes. Poète ou poétesse est un bel exemple de la beauté de la langue française que l’auteur soit homme ou femme, il n’y a plus de différence. Sémantiquement les deux sont justes. « Ce mot “féminisme ” n’avait jamais eu de l’effet sur moi. Être femme, c’est être avant tout en accord avec soi-même, être belle, tendre, généreuse et déborder de belles actions, tel un ruisseau qui coule pour purger les maux de la terre. Aussi, m’est-il difficile d’accepter ce concept .Être une femme ne se commande pas et ne demande pas assez et tant de décrets immuables et de théories figées. Il a pour seuls et uniques armes: Un cœur pur et un esprit taillé.

 Propos recueillis par FIRAS MESSAOUDI


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