Dans un contexte morose, l’amour et l’autorité ne suffisent pas à l’épanouissement des enfants. De nos jours, il est impératif d’initier sa progéniture à l’optimisme. De plus en plus d’enfants et d’adolescents sont tiraillés par un sentiment d’impuissance face à leurs existences. À leurs vies. Alors, par amour pour eux les parents et enseignants seraient bien inspirés de leur apprendre l’optimisme.

Prémisse d’une explication

Une nouvelle tendance commence à émerger de nos jours pour orienter les parents sur le meilleur moyen d’éduquer leurs enfants. L’optimisme s’installe au cœur de l’apprentissage de vie. Le psychiatre Alain Braconnier explique : « Dans les années Dolto, on a souligné l’importance de l’amour pour l’épanouissement de l’enfant. Puis l’accent a été mis sur la nécessité du cadre et de l’autorité, lorsqu’on s’est aperçu qu’on était parfois allé trop loin dans l’amour à tout prix. Aujourd’hui, il me semble que l’amour et l’autorité ne suffisent plus. Dans la morosité ambiante, nous devons aussi entretenir leur goût de vivre, leur envie de grandir, leur espoir. »

Dans cette démarche, on ne cultive pas la candeur, mais on apprend à l’enfant à comprendre ses ressources intérieures puis lui faire connaître son potentiel et lui permettre d’affronter avec lucidité et volonté les difficultés. Les récentes études en psychologies positives indiquent que même un parent pessimiste peut instruire à l’optimisme, s’il réalise ses propres empêchements et qu’il souhaite ne pas polluer son enfant par sa propre perception et son pessimisme personnel. Il est également possible d’aider les enfants fragiles, anxieux à reprendre leur optimisme originel. La démarche repose sur le déploiement de cinq principes, simples en soi, mais nécessitant de la persévérance dans leur combinaison.

Mode d’emploi

La curiosité

Dès leur plus jeune âge, les enfants sont dotés d’une curiosité insatiable. C’est une véritable bénédiction. D’ailleurs, il est dommage que les adultes cessent de l’être. Pour les petits, tout est prétexte de découverte et d’émerveillement. Tant qu’ils sont jeunes, ils ne savent pas encore comprendre le concept des frontières. Alors, il est important de les laisser expérimenter, essayer, toucher, gouter, tout en les entourant. D’abord pour leur propre sécurité. Ensuite pour qu’ils ne se sentent pas abandonnés, livrés à eux-mêmes, sans repères. Ils doivent comprendre les énigmes qui les intriguent pour ne pas s’en désintéresser et pour ne pas douter de leur intelligence. Il est également essentiel de ne pas les confiner à un environnement restreint, mais à leur laisser entrevoir la grandeur du monde. Cela passe par une initiation aux lectures, les visites aux musées, les petites promenades, les piqueniques, les parcs d’attractions, les visites au zoo…

Les erreurs

Tandis que l’enfant parcourt sa curiosité, il rencontre ses limites. Il faut l’aider à ne pas vivre ce constat comme un échec pour qu’il ne se sente pas impuissant, incapable et veuille fuir les défis et par extensions les difficultés qu’il lui faudra rencontrer. Il est nécessaire que les parents prennent soin à ne pas communiquer leurs peurs de l’échec à leurs enfants. Au lieu de dramatiser l’erreur, le mieux serait de présenter l’expérience comme une opportunité d’apprentissage. Faire confiance à son enfant, être à ses côtés sans prendre sa place, sans faire les choses pour lui, lui permettre de tâtonner, l’inciter à recommencer en cas d’erreur et même en cas de succès, le féliciter, l’encourager… des petites actions parentales qui sèment l’espoir, donnent envie de réussir, et de s’accrocher.

La compréhension

Deux traits caractérisent la pensée pessimiste : la tendance à personnaliser (je suis nul et tout ce qui m’arrive ne peut qu’être nul) et la tendance à généraliser (c’est toujours comme ça avec moi). Pour que l’enfant ne le devienne pas, il faut l’aider à maitriser une situation et à ne pas la subir. Pour cela, il faut lui donner une explication exacte des faits. Comprendre ce qui s’est passé, déterminer les lacunes et les compétences qui manquaient… Il faut l’aider à réaliser que les solutions existent, qu’elles peuvent s’exécuter et que ce n’est pas la faute à pas de chance.

Les efforts

L’enfant doit apprendre la persévérance. Pour réussir, l’enfant doit être combatif. Il faut donc l’aider à comprendre que les efforts qu’il fournit, l’énergie qu’il déploie, L’enfant aura besoin de combativité pour se faire une place, mener les projets susceptibles de le rendre heureux. Pour cela, il doit ressentir très tôt que l’énergie qu’il déploie est payante, qu’il évolue, qu’il se développe. Donc, on évite de le critiquer s’il ne sait pas encore faire quelque chose, on évite de le comparer aux autres enfants de son âge. Il est préférable de lui rappeler plutôt son propre mérite et ses réussites passées.

Plus généralement, il est conseillé de l’inscrire dans des activités qui lui permettent de voir ses propres limites et d’apprendre à les dépasser. Il en ressentira de la fierté. (Exemples : musique, danse, sports, clubs d’échec, d’astronomie ou de mathématique…)

Les relations

Lorsqu’un enfant ou un adolescent devient pessimiste, il a tendance à s’isoler ou à s’entourer de personnes qui se sentent aussi mal que lui ou même plus mal dans leur peau. Il est alors important de s’intéresser à ses amitiés et à ses fréquentations, pour lui apprendre à développer son empathie et à se protéger des relations qui risquent de lui nuire. En effet, c’est à travers le regard des autres qu’il se fera, en partie, une idée de lui-même et de sa place dans le monde qui l’entoure. C’est pourquoi, il faut l’aider à reconnaître les relations enrichissantes et à les distinguer de celles qui sont appauvrissantes pour nouer ses amitiés.


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